Marc, ni
interprétation symbolique du trait d'histoire signalé par la Synopse, en même temps qu'une nouvelle forme de la seconde tentation du Christ dans Matthieu ^
La réponse de Jésus est pleine de mystère. Il est évident que les (( frères » n'auraient jamais pu la comprendre, et ils sont supposés, en elfet, ne l'avoir pas comprise ; mais ce n'est pas pour eux que l'évang-éliste l'a rédigée. « Mon temps n'est pas encore venu ; mais le vôtre est toujours prêt » En pareille circonstance, à Cana, Jésus, sollicité par sa mère d'opérer un miracle, a répondu : « Qu'y a-t-il de commun entre toi et moi? Mon heure n'est pas encore venue. » Et il a fait le miracle aussitôt. Il en est de même dans le cas présent. Jésus déclare à la fois que son heure n'est pas venue, et que les frères n'ont pas à juger de ce qui lui convient, parce que sa pensée et la leur, l'action qu'il doit exercer et celle qu'on voudrait lui imposer sont d'ordre et de caractère tout différents. Il n'en ira pas moins à.lérusalem. A l'égard des frères, comme à l'égard de la mère, la réponse de Jésus est une fin de non recevoir, non une indication de ses propres desseins. Si ces échanges de propos avaient eu lieu réellement, on serait obligé d'admettre que Jésus s'est servi de restrictions mentales à moins de recourir à l'hypothèse mécanique et enfantine de résolutions contradictoires qui se succéderaient instantanément ^. Mais comme la mise en scène et les discours sont symboliques, il faut y voir l'expression de vérités supérieures au sens naturel des mots. Le temps de Jésus n'est pas venu encore : en apparence 'et littéralement, cela signifie que le temps n'est pas arrivé pour lui de faire ce qu'on lui demande. Mais il entend cet objet même, et conséquemment le temps dont il parle, d'une autre manière que ses interlocuteurs : eux pensent à une occasion favorable de manifester la gloire temporelle du Messie; lui pense à l'is-