Marc, m
A LA FÊTE DES TABERNACLES. LES JUIFS
Synoptiques. L'évangéliste a écarté Fidée d'un rapport quelconque entre le Christ et le prince des démons : les Juifs ne feront qu'attribuer à Jésus un dérang-ement d'esprit, une possession vulg-aire, spécialement dans les circonstances où il leur reprochera leur injustice à son ég-ard ; ils seront les vrais possédés, accusant de possession celui qui voudrait les sauver, accusant de folie celui qui leur dit la vérité. Ainsi le trait des Synoptiques est idéalisé, transporté de l'ordre physiologique, on peut le dire, dans l'ordre moral. Cette fois l'aveuglement des Juifs est seulement indiqué dans la parole de la foule ignorante : « Tu as un démon. Qui cherche à te faire mourir? » Dans quelques mois, la même foule, qui se défend de vouloir au Sauveur le moindre mal, criera à Pilate : « Crucifîele ! crucifîe-le ! ' » Jésus ne s'arrête pas à sa protestation. Il est possible que le peuple ne veuille pas sa mort en ce moment ; mais le projet meurtrier existe déjà comme projet des Juifs; peu importent les dispositions passagères et chang-eantes de cette masse livrée, sans qu'elle s'en aperçoive, à l'erreur, au mensonge^ à la haine; les Juifs ont l'intention qui leur est reprochée, et Jésus, nég-ligeant la remarque de ses auditeurs, va continuer de montrer qu'ils sont absolument injustes envers lui, laissant voir eux-mêmes en cela qu'Us subissent l'influence de Satan, père de toute iniquité, leur propre père
« Je n'ai fait qu'une œuvre, continue Jésus, et vous êtes tous étonnés » L'œuvre unique dont il s'agit est la guérison du paralytique, accomplie durant le dernier séjour du Sauveur à Jérusalem. Parce que cette guérison a été faite le jour du sabbat, tout le monde est déconcerté, scandalisé. Le discours s'adresse à la fois aux chefs qui ont projeté la mort de Jésus pour ce seul miracle, et au peuple qui en a été le témoin étonné, mal édifié : de là vient l'expression atténuée : « Vous êtes tous surpris. » Il a sufïi de cette seule action pour troubler tous les Juifs, petits et grands. On a vu que, dans l'histoire du paralytique, l'ordre qui lui a été donné d'emporter son lit provoque au moins autant de scandale que la guérison même ^*; il n'est plus question maintenant que