V, 9-J2 ; supr. p
de la g-uérison, ou plutôt toute TafFaire du paralytique se confond dans la perspective en une seule œuvre oii domine tout naturellement ridée de la ^uérison. Cette œuvre n'est pas dite unique par rapport aux miracles faits en dehors du sabbat ni même, directement, par rapport aux nombreuses transg-ressions de la loi sabbatique admises par les Juifs elle n'est pas choisie comme la première ou la plus importante des guérisons sabbatiques, mais comme le miracle le plus frappant du ministère hiérosolymitain dans les temps qui ont précédé, le seul dont les Juifs, adversaires de Jésus, ont été frappés et dont ils ont gardé le souvenir. Au point de vue de l'évangéliste, cette œuvre ligure non seulement toutes les g-uérisons sabbatiques, mais, comme on l'a observé en commentant le récit, toute l'œuvre salutaire du Verbe incarné. C'est pourquoi il n'y a pas lieu de se demander si tout l'auditoire qui se presse autour de Jésus à la fête des Tabernacles aura donc assisté à la guérison du paralytique et n'aura pas cessé d'en être préoccupé, depuis dix-huit mois, au point de comprendre sans aucune difficulté l'allusion qu'y fait le Sauveur. Il est trop évident que l'évangéliste suit la chaîne de sa propre pensée, non celle de l'histoire réelle. Cette pérennité de haine et de scandale, qui se rattache à un seul fait dont le souvenir est déjà lointain, n'est pas trop extraordinaire, si l'on est sur le terrain de l'histoire symbolique; si le paralytique enlevant son grabat est, au fond et en un sens, la communauté chrétienne sauvée par la foi au Christ et délivrée des observances légales ; si l'attitude des Juifs à l'égard de Jésus représente l'attitude du judaïsme à l'égard du christianisme '\
Il est vrai cependant que la référence est bien hardie et que l'hypothèse d'une transposition^, sugg-érée pour ce passage ^ à partir de la remarque : « Les Juifs s'étonnaient, disant : Comment sait-il les lettres », trouve ici un argument assez fort. 11 est infiniment plus naturel que Jésus parle de <( l'œuvre unique » qu'il a faite, s'il vient de l'accomplir. Après la multiplication des pains et tout ce qui s'ensuit, l'auteur ne doit plus penser à la guérison du paralytique, ni introduire une discussion sur le miracle, sans le rappeler expressément.