B. Weiss, 303; cf. Sciianz
action ne peuvent rien par elles-mêmes contre la volonté et l'action divines que représente le Verbe incarné . La faveur du peuple n'est pas ce qui empêche l'arrestation du Sauveur : au lieu d'être retenus par là, les chefs décident pour ce motif les mesures de rig-ueur et ne redoutent pas que le peuple y fasse opposition. Il faut dire que les adversaires de Jésus sont frappés d'impuissance tant qu'il ne leur est pas permis par Dieu d'agir contre lui. Dans sa manière de traduire sensiblement cette impuissance, l'évangéliste n'a rien de précis : il évite d'accentuer les traits qui pourraient favoriser le docétisme, ce qui ne l'empêche pas de laisser croire que le Christ se rend, quand il veut, invisible à ses ennemis 1, ou bien de le montrer comme intangible à ceux qui viennent le prendre et qui sont comme paralysés devant lui ~. Ces traits ne sont pas réels ; on ne doit pas chercher ce qui peut y correspondre dans l'histoire de Jésus; car ce qui y correspond n'est pas un fait, mais une idée.
VII, 31. Cependant beaucoup (de gens) de la foule crurent en lui, et ils disaient:» Le Christ, quand il viendra, fera-t-il plus de miracles que celui-ci n'en a fait ? » 32. Les pharisiens entendirent ce qu'on murmurait ainsi à son sujet dans la foule, et les princes des prêtres et les pharisiens envoyèrent des sergents pour s'emparer de lui. 33. Alors Jésus dit: « Je suis encore avec vous pour un peu de temps, et je vais près de celui qui m'a envoyé. 34. Vous me chercherez, et vous ne me trouverez pas, et vous ne pourrez pas venir où je serai. » 35. Alors les Juifs se dirent entre eux : « Où ira-t-il, pour que nous ne le trouvions pas? Ira-t-il dans les pays des Gentils et enseig-nera-t-il les Gentils ? 36. Que signifie cette parole qu'il a dite : Vous me chercherez, et vous ne me trouverez pas, et vous ne pourrez venir où je serai? »
Le ministère du Sauveur à Jérusalem n'était pas tout à fait inutile : si les chefs du peuple étaient malveillants et prêts à en venir aux dernières extrémités, (( beaucoup de gens de la foule croyaient en lui » à cause de ses miracles, persuadés qu'on n'avait pas à attendre du Messie des œuvres plus extraordinaires que celles de Jésus. La mention des miracles accuse l'imperfection de leur foi, mais elle condamne aussi l'incrédulité des autres Juifs. La formule