Cf. J. Réville
un intervalle pour les démarches des pharisiens, une réunion spéciale du sanhédrin dans le lieu ordinaire de ses séances, en dehors du temple, un ordre d'arrestation délivré dans telles ou telles conditions. Les scènes que décrit l'évangéliste sont à placer entre le milieu de la fête et le dernier jour, mais il n'y met pas de précision, et il raconte beaucoup moins une histoire qu'il n'esquisse un tableau: au premier plan, parlant à la foule dans les parvis du temple, se tient Jésus ; dans la coulisse, épiant ses discours et les impressions du peuple, sont les membres du sanhédrin ^ ; entre les deux, sont les pharisiens qui rapportent aux prêtres ce qui se passe, et les émissaires qui ne peuvent exécuter les ordres à eux donnés par les ennemis du Sauveur. C'est pourquoi le Christ parle comme si tout le monde, prêtres, pharisiens, gendarmes et peujîle étaientlà pour l'entendre. La mise en scène est même réglée de telle façon que les paroles de Jésus sont une réponse indirecte à l'ordre qui vient d'être donne contre lui, comme si ces paroles avaient suffi à contenir la haine aveugle des chefç et la force brutale des satellites.
(( Je suis encore avec vous, dit-il, pour un peu de temps », et c'est en vain que vous songez à me prendre maintenant; ce sera même en vain que vous me prendrez plus tard, parce que, après ce peu de temps qui me reste à passer avec vous, a je vais près de celui qui m'a envoyé » ; je vous échapperai définitivement; et alors ('( vous me chercherez et vous ne me trouverez pas » ; vos recherches seront superflues parce que « vous ne pourrez pas venir où je serai » ~. La recherche dont il s'agit serait-elle encore une poursuite haineuse, ou bien sera-t-elle inspirée par le désir de retrouver le Sauveur qu'on aura méconnu ? Le discours est énigmatique avec inten-