Wendt, Die Lehre Jesu
4. V. 49. ouTTo) yàp rjv 7:v£j[j.a. L'auteur n'entendait nullement dire que l'Esprit divin n'existât pas encore dans le Père, sa source éternelle, et en Jésus ; mais
(( Il n'y avait pas encore d'Esprit », est très sig-nificative : dans la conception johannique, l'Esprit est comme le substitut de Jésus; il prend possession de ceux que le Père a donnés au Fils, lorsque celui-ci quitte le monde pour aller k son Père. La scène de la Pentecôte n'est pas visée en cet endroit ; car, dans le quatrième Évangile, les apôtres reçoivent de Jésus même l'Esprit-Saint dès le soir de la résurrection. On ne doit pas demander si les prophètes n'ont en aucune façon reçu le Saint-Esprit, et s'il n'est pas venu déjà sur le Christ. Les communications de l'esprit prophétique ne sont pas de même ordre que le don fait aux chrétiens ; et si Jésus possède la plénitude de l'Esprit, son flanc n'a pas encore été ouvert; il n'est pas temps que la source d'eau vive se répande sur les croyants.
Sans être quelque chose d'extérieur et de sensible, la glorification du Christ n'est pas précisément le changement qui s'opère dans son humanité par la résurrection, pour l'élever à un état quasi spirituel, mais le retour du Sauveur dans la gloire éternelle, sa rentrée en Dieu, avec l'humanité qu'il a prise et dont la condition devient conforme à ce nouvel état. Ce n'est pas qu'il n'y ait, dans la pensée même de l'évangéliste, comme dans celle de saint Paul, quelque rapport entre la condition spirituelle du Christ ressuscité et la communication de l'Esprit divin aux fidèles : c'est le Christ esprit qui donne l'Esprit ; mais cette idée n'est pas exprimée. Celles que Ton fait valoir ici suivent, en quelque manière, l'histoire de la prédication évangélique, et s'enchaînent de façon à en donner l'interprétation théologique et providentielle : le Verbe incarné^ visiblement présent sur la terre, instruit les hommes ; c'est par luimême qu'il agit sur eux ; retourné près de son Père, glorifié par la résurrection qui le montre Dieu et le rétablit dans l'honneur de la Divinité, il se substitue l'Esprit qui doit ag-ir à sa place sur l'humanité, et dont l'histoire de l'Église depuis le commencement
on s'explique aisément les additions : àyiov (ms. L) ; tô 7ïV£u[j.a xô àyiov It: 'aù-oïç (ms. D) ; SeBop-Évov (Ss. Yg., etc.); ayiov 8î.5o!j.£vov (ms. B). L'auteur du traité De rehapiismate {loc. cit.) lisait: « Nondum autem eratspiritus. quia Jésus nondum erat clarificatus. » On ne peut soutenir que la leçon la plus courte aurait été obtenue par suppression des deux mots qui sont dans le ms. B (B. Weiss^ 309), à seule fin do signifier, d'après II Cor. m, 17, que Jésus lui-môme n'était pas encore à l'état spirituel : le sens aurait été trop clair et trop satisfaisant pour (ju'on eût l'idée de le modifier.
A LA FÊTE DES TABERNACLES. LES JUIFS
atteste la toute-puissance ; Jésus l'envoie, en tant qu'il est luimême Seigneur et Dieu ; il n'était ni nécessaire ni conforme à la logique naturelle des choses qu'il le donnât pendant sa vie mortelle; car l'Esprit divin descend du ciel, il vient de Dieu, d'auprès du Père; de là le Verbe est venu pour s'incarner en Jésus et habiter parmi nous ; de là le Christ, en possession de la gloire divine, envoie l'Esprit à ses fidèles. L'esprit, l'eau et le sang dont il est parlé au moment où le Christ meurt ^ ne sont que l'expression sensible de ce don supérieur ; l'Esprit n'est communiqué aux apôtres que par le Christ déjà retourné près du Père, et c'est à partir de ce moment qu'il rend témoignage au Fils dans l'eau et dans le sang, dans l'eau du baptême, dans le sang de l'eucharistie 2.
Très variées étaient les impressions de la foule devant cet enseignement de Jésus. On a dit que l'évangéliste, en parlant de « ces discours », ferait entendre suffisamment que les paroles rapportées par lui sont le thème ou le résumé d'une explication plus développée 3. Rien ne serait plus vraisemblable, s'il s'agissait d'une relation historique ; mais, dans le cas présent, comme il s'agit de paroles qui n'ont jamais été prononcées , le pluriel s'explique , soit parce que l'auteur a dans l'esprit toutes les idées dont les paroles de Jésus sont l'expression abrégée et symbolique, soit plutôt encore parce qu'il a en vue tous les discours contenus dans le chapitre, toute la prédication du Christ depuis le milieu de la fête des Tabernacles jusqu'à la fin, de même que les jugements de la foule expriment le résultat général de cette prédication, non l'effet spécial de la déclaration qui vient d'être faite par le Sauveur. Parmi les auditeurs, quelques-uns disaient : « C'est vraiment le Prophète » annoncé par Moïse 4, et que l'on distingue du Messie en cet endroit. D'autres disaient : (( C'est le Christ » lui-même. Mais les objections ne se faisaient pas attendre : « Est-ce que le Christ vient de Galilée? » Ces opinions du peuple assemblé à Jérusalem sont une transposition de ce que les Synoptiques ont raconté des opinions galiléennes ^. On peut croire que les paroles du Deutéronome concernant le prophète à venir étaient l'objet d'une atten-