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A LA FÊTE DES TABERNACLES. LES JUIFS
tion de l'ordre à eux donné par le sanhédrin et celle du rapport qu'ils ont dû faire à ceux qui les avaient envoyés. On dirait aussi que le sanhédrin n'a pas fait autre chose que d'attendre le résultat de l'expédition ordonnée par lui et qu'il a siégé en permanence jusqu'au retour de ses émissaires : cette difficulté n'est pas plus que la précédente à résoudre par l'histoire ; elle naît de ce que la perspective tracée d'abord par l'auteur a été rompue.
Les membres de la haute assemblée, voyant leurs gendarmes arriver sans celui qu'ils devaient prendre, sont tout étonnés et leur disent : « Pourquoi ne l'avez-vous pas amené? » Les gendarmes répondent : « Jamais homme n'a parlé de la sorte *. » Ces paroles ne signifient pas que les discours de Jésus n'auraient pas fourni occasion ni prétexte k l'arrestation - ; le mandat n'était pas conditionnel, et les satellites n'étaient pas chargés d'écouter Jésus pour trouver dans ses paroles un motif de le saisir ; ils avaient seulement commission de mettre la main sur lui. Il ne s'agit même pas d'une explication directe pour l'inexécution des ordres reçus, comme si les satellites alléguaient à leur décharge l'impression produite sur eux par l'éloquence du Christ Ce n'est pas cette impression qui, dans la pensée de l'évangéliste, a été la cause réelle de leur inaction. Les gendarmes n'ont pas d'excuses à alléguer ; ils n'en allèguent pas ; ils ne font pas de réponse à la question qui leur est posée, parce qu'ils n'ont rien à dire ; ils ne savent rien que le fait de leur déconvenue, que leurs chefs peuvent constater et constatent maintenant aussi bien qu'euxmêmes. Mais comme, après tout, ils sont obligés de dire quelque chose, ils disent ce qu'ils ont éprouvé en écoutant celui qu'ils devaient prendre; empêchés, sans qu'ils sachent comment, d'exécuter ce qu'on leur avait commandé, ils ont entendu celui qu'ils devaient faire prisonnier, et ils déclarent que jamais homme n'a
1. V. 46. oùôé^xoTs IXàXrjasv outco? avGpwTioç. Le texte reçu (et déjà Ss. ^D, mss. lat.) ajoute : oZzoç XaXsï ô àv0pto7:oç. Ce supplément n'augmente pas Ténergie du discours et pourrait être glose (venant peut-être de répétition accidentelle) de ce qui précède. Mais on peut soutenir aussi que la phrase a été omise comme superflue, ou par distraction, dans les anciens témoins alexandrins (B, etc.). La phrase est plus johannique avec la répétition, et l'évangéliste peut opposer « cet homme », qui n'est pas un homme, à tous les autres (cf. xix, 5).