SCHANZ, 325. IIOLTZMANN
A. LoiSY. — Le quatrième Évangile. 34
parlé comme lui. L'admiration des gendarmes sert beaucoup moins à faire ressortir Tefficacité miraculeuse de la parole du Christ sur ces hommes rudes et grossiers, qui ne sont pas à regarder comme des convertis, que Thostilité aveugle du grand conseil.
Ce sont les pharisiens, comme si ce parti religieux constituait une personne morale, un groupe distinct dans le sanhédrin qui font la leçon aux satellites : « Vous aussi, seriez-vous séduits? » La chose serait incroyable : et si les pharisiens se refusent à le penser, l'évangéliste ne le dit pas non plus. Gomme bons serviteurs du temple, comme laïques attachés à la garde du sanctuaire national, les gendarmes doivent se régler sur l'opinion de leurs chefs hiérarchiques. Or aucun des magistrats, c'est-à-dire des chefs du sacerdoce, arbitres suprêmes dans les choses de la religion, aucun des pharisiens, des docteurs que l'on doit considérer comme les types de l'orthodoxie et de la piété, ne croit à ce prétendu prophète de Galilée. On ne voit lui être favorables que des ignorants, des gens qui vivent en dehors de la Loi, des hommes perdus, maudits 2, des vauriens. Les pharisiens parlent ainsi comme les plus zélés pour la religion traditionnelle. On ne dit pas ce qu'en pensèrent les gendarmes, parce qu'on n'a plus besoin d'eux.
Une autre objection, que l'auteur a certainement entendue autour de lui vient d'être formulée : Jésus, qu'on dit avoir été envoyé comme Messie aux Juifs, n'a recruté qu'un petit nombre d'adhérents dans la dernière classe du peuple, et les chefs de la nation, tous ceux qui avaient qualité ou capacité pour juger de sa mission, prêtres et docteurs, n'ont pas reconnu en lui le Messie promis. L'objection est très nettement définie, plus nettement sans doute qu'elle n'aurait pu l'être pendant que le Sauveur prêchait à Jérusalem, puisque la question de savoir si l'on devait reconnaître ou