‹ Le quatrième évangileChapitre 443 sur 857 · Cf. I, 19-24, supr. pp · texte numérisé non relu

Cf. I, 19-24, supr. pp

2. Ss. lit seulement : « Mais ce peuple qui ignore la Loi », c'est-à-dire : « II n'y a que ce peuple ignorant qui croie en lui. » Leçon excellente, si elle était mieux documentée, et qui, même appuyée sur un seul témoignage, garde quelque probabilité. L'ellipse, un peu forte, aurait provoqué l'addition. Pour la construction de la phrase, cf. iv, 2. On peut douter, en toute hypothèse, que l'évangéliste ait placé dans la bouche des pharisiens une malédiction contre le peuple, pour les morttrer eux-mêmes sous le coup de la malédiction qui, d'après Deut. xxviii, 15, atteint, non pas ceux qui ignorent, mais ceux qui violent la Loi (HoLïZMANN, 127; S(MiANz, 326).

:L Cf. OiiiG.cNK, Ccis. 1, 62; II, 9.

A LA FÊTE DES TABERNACLES. LES JUIFS

non Jésus pour le Messie ne se posa jamais en termes formels devant le sanhédrin K On ne répondra pas plus à cette difficulté qu'aux autres par un argument direct, mais on instruira dans le chapitre suivant le procès de la nation juive tout entière.

Nicodème, personnage déjà connu dans cette histoire, et qui était membre du sanhédrin, prend alors timidement - le parti de Jésus contre ses ennemis. Il ne veut pas prouver que Jésus soit le Messie, mais empêcher ses collègues de donner suite à leurs projets meurtriers; à cette fin, il leur oppose les prescriptions de la Loi. On peut croire que les gendarmes ne sont plus là, et que l'assemblée délibère sans témoins étrangers. La Loi, observe Nicodème, ne permet pas de condamner un homme sans l'entendre Le sanhédrin a déjà donnél'ordre d'arrêter Jésus, sans qu'on ait spécifié contre lui aucun délit ; il faudrait d'abord informer, savoir à quoi s'en tenir sur les intentions de la personne en cause, et, pour cela, l'interroger dans toutes les formes juridiques. On peut entrevoir déjà que Jésus sera condamné par le sanhédrin en violation flagrante de la Loi.

Les membres de l'assemblée, au lieu de se rendre à la remarque trop légitime de Nicodème, n'y font même pas de réponse et ils s'emportent contre lui. C'est lui, champion delajustice légale, qui devient presque l'accusé, et que l'on traite en suspect : « Es-tu, toi aussi, de Galilée? » Ainsi ces docteurs qui reprochent au peuple d'ignorer la Loi n'ont pas scrupule de la violerpour satisfaire leur jalousie haineuse, et ils font un mauvais parti au juge consciencieux, à l'homme honnête et modéré, modéré jusque danssa foi au Christ, quiles inviteà respecter le droit. Serait-il donc lui-même originaire de Galilée, pour prendre ainsi le parti du Galiléen? Plaisanterie facile, car Nicodème doit être censé judéen. On le met au défi de trouver dans l'Ecriture un seul endroit qui se rapporte à un prophète galiléen C'est le passé qui est visé directement, mais comme figurant la loi du présent et de l'avenir.

Les commentateurs observent que les docteurs ont oublié

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