‹ Le quatrième évangileChapitre 450 sur 857 · Cf. Knabenbauer · texte numérisé non relu

Cf. Knabenbauer

3. Maldonat n'hésite pas à écrire (II, 693) : « Ego eodem die atque eodem loco, in eademque concione haec et quae septimo capite commemorantur, a Christo dicta fuisse arbitror; sed cum Christus concionaretur, scribas et pharisaeos supervenisse, adulteram adducentes, et interrupta concione Christum quid illi faciendum esset interrogasse. » Cela revient à dire que pour Tintelligence des discours il faut négliger la section de l'adultère. Maldonat (si toutefois son texte n'a pas été retouché par ses éditeurs) ne voit pas qu'il contredit le récit même, en plaçant l'histoire de l'adultère au dernier jour de la fête des Tabernacles.

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de lieu sont dans la manière des Synoptiques et non dans celle de Jean. Tout concourt donc à prouver que ce morceau est une interpolation dans le quatrième Evangile. Il est parfaitement inutile de dire que l'omission, dans Fliypothèse de Fauthenticité, est plus facile k expliquer que l'addition, dans l'hypothèse de l'inauthenticité. L'inauthenticité n'est pas une hypothèse, mais un fait aussi sûrement constaté qu'il est possible en pareille matière. L'addition seule est à expliquer, non l'omission.

Ce qu'on a dit pour expliquer celle-ci n'ébranle en rien les arguments qui établissent l'inauthenticité de la pièce. L'idée de saint Augustin 1, à savoir, que des maris faibles dans la foi ou ennemis de l'orthodoxie auraient craint de voir enseigner à leurs femmes l'impunité de l'adultère, est une raison trouvée après coup pour rendre compte d'un fait dont on ne voyait pas la véritable signification. Une telle cause pouvait amener la suppression dans quelques exemplaires privés, mais non dans les exemplaires officiels des Eglises, si celles-ci avaient connu d'abord le quatrième Evangile avec la section de l'Adultère ^\ Une autre hypothèse, moins naïve et plus savante, se fonde sur le lectionnaire grec 3, où la lecture évangélique comprise dans la liturgie de la Pentecôte est formée par la dernière partie du chapitre vu ^, à laquelle vient s'adjoindre le verset 13 du chapitre viii, la section de l'Adultère se lisant dans l'office des pécheresses sanctifiées : on suppose que l'omission, faite en vue de l'usage liturgique, se serait perpétuée dans les manuscrits ^. Mais l'argument se retourne contre la thèse qu'il est destiné à soutenir. Il faut supposer que le lectionnaire d'Antioche et de Constantinople remonte à la plus haute antiquité ; qu'il a influencé toute la tradition chrétienne, et même la tradition latine ; qu'il est également ancien dans toutes ses parties; que la distraction des copistes a suffi pour compromettre au degré que nous voyons la conservation d'un morceau important du texte canonique. Or il paraît clair que la leçon de la Pentecôte a été constituée sur un texte qui ne contenait pas la section de l'Adultère, et de là vient que le verset 12 du chapitre VIII y suit la fin du chapitre vu ; l'office des saints est moins ancien

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