Luc, XXI
4. Zahn, II, 557, suppose très gratuitement que Papias lui-même aurait pu mettre cette histoire en rapport avec Jean, vu, 24, et viii, 15.
LA FEMME ADULTÈRE
est possible que la section de l'Adultère ait été rapportée d abord en marge du texte johannique, d'après un Evangile non canonique, qui tout en s'accordant pour le fond avec les Synoptiques, ne gardait pas le même ordre dans ses récits : autrement, il eût été plus naturel de la rattacher à Tun des premiers Evangiles en lui rendant sa place primitive. On pourrait, il est vrai, supposer aussi que Fhistoire de l'Adultère, reproduite à la fin de l'Evangile johannique, comme une sorte de supplément traditionnel, aurait été ensuite rapportée dans cet Evangile à l'endroit le plus convenable pour son insertion ^ L'addition aurait donc été faite à une époque où l'on copiait déjà les quatre Evangiles du canon sur le même codex : il est permis de se demander jusqu'à quel point cette hypothèse est conciliable avec l'âge qu'on assigne à l'archétype du manuscrit de Cambridge. Le renvoi de la péricope à la fin de certains manuscrits évangéliques pourrait venir simplement de ce que ces manuscrits ont été copiés sur des originaux corrects, et la péricope ajoutée, en guise d'appendice, d'après les manuscrits interpolés dont on disposait. Si elle avait été ajoutée d'abord à la fin, on ne comprendrait guère que les indications de temps et de lieu eussent tant de précision ^ ; elles n'ont de raison d'être que pour se rattacher à un contexte, et il est évident cependant qu'elles n'ont pas été conçues en vue de l'interpolation dans le texte johannique, puisqu'elles portent le cachet le plus authentique de la Synopse et qu'elles ne sont en aucune façon imitées de Jean. Il est possible d'ailleurs que la rentrée de ce tnorceau dans l'Evangile ne se soit pas faite en partant d'un seul point, ni d'une seule manière. Les variantes relativement nombreuses et considérables que présentent les manuscrits pourraient s'expliquer par sa situation équivoque dans la tradition du texte, et par la liberté plus grande des copistes sur cette matière douteuse ; mais on comprend peut-être mieux ces divergences si la réintégration s'est faite originairement de plusieurs côtés non d'après la même source, ni par le même procédé. Quoi qu'il en soit, et quelques obscurités qu'ait encore l'histoire de l'interpolation, le fait ne paraît pas contestable. D'autre part il est moralement certain que la section de l'Adultère est une partie