‹ Le quatrième évangileChapitre 455 sur 857 · HOLTZMANN · texte numérisé non relu

HOLTZMANN

3. Cf. Makc, XI, 1, l i ; XIII, 3 ; Mattii. xxi, 1, 17; xxiv, 3; Luc, xix, 29; xxi,

LA FEMME ADULTÈRE

lit ici des allées et venues du Sauveur appartient à la tradition synoptique. Et de même ce qu'on lit de Jésus assis ^ et enseignant le peuple ~. Il est vrai que ce détail est omis dans certains manuscrits ^. « Tout le peuple » qui vient entendre Jésus n'est pas la foule qui assistait à la fête des Tabernacles, et qui serait maintenant dispersée, mais l'auditoire des Synoptiques, le peuple qui est venu à Jérusalem pour la Pâque. Pendant que Jésus enseigne dans le temple, les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qui a été surprise en flagrant délit d'adultère. L'association « scribes et pharisiens » , si familière aux Synoptiques, ne se rencontre jamais dans le quatrième Evangile. Quelques témoins cependant remplacent les a scribes » par les « chefs des prêtres », ou bien les omettent ^. On ne doit pas s'étonner que le style johannique ait influencé la transmission du texte.

Les commentateurs qui aiment à scruter les questions oiseuses se demandent pourquoi le complice de la femme n'est pas arrêté aussi : les uns supposent qu'il a réussi à s'échapper, ou bien que c'était un personnage qu'on ne pouvait traduire en jugement ^ ; d'autres pensent qu'il a été pris, mais que la femme seule est conduite devant Jésus, parce que l'absolution de la femme devait le compromettre plus gravement que celle de l'homme ^. Il n'y a de certain que l'absence de celui-ci. La coutume pouvait fort bien être moins sévère que la loi à l'égard de l'homme adultère. Les scribes et les pharisiens ne viennent pas demander officiellement conseil en qualité de juges, car ils auraient ainsi renié leur compétence; ni en qualité d'accusateurs, car ils auraient dû s'adresser aux juges ordinaires ; ni même comme partisans fanatiques de la Loi, car ils n'auraient pas eu d'avis à solliciter ; mais comme témoins d'un crime dont la Loi a prescrit le châtiment, et qu'ils semblent être tenus de dénoncer, pour qu'il soit dûment puni. La consultation a un caractère moral, non juridique, bien qu'elle se rapporte à

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