B. Weiss, Schanz, Knabenbauer, etc
T). Maldonat, II, 692.
LA FEMME ADULTÈRE
et espérant peut-être vaguement quelque bonne parole de celui qui venait de l'arrachera une mort certaine.
Jésus n'attendait que la fin de cet incident. Dès que les pharisiens ont tourné les talons^ il se relève, constate leur départ ^, qui rend sa liberté à l'accusée, et s'empresse de la congédier, avec la leçon morale qu'il est en droit de lui donner. Aucun de ceux qui voulaient se porter ses accusateurs ne l'a « condamnée », c'est-àdire n'a persévéré dans le rôle qu'il s'était attribué. Ce n'est pas Jésus maintenant qui prendra leur place. Puisque personne ne la poursuit, qu'elle s'en aille, et qu'elle ait soin seulement de ne plus pécher. I/application juridique de la Loi ne le regarde pas ; mais l'âme de la pécheresse et son salut ne peuvent lui être indifférents. S'il s'interdit de la faire mettre à mort, c'est pour l'engager à bien vivre ; s'il ne condamne pas la coupable, il ne laisse pas de condamner le péché. Un long discours n'est pas ce qu'il fallait en pareille circonstance, et tout ce que la femme vient de voir est une prédication suffisante dont Jésus n'a qu'à tirer en deux mots la conclusion. Entamer une conversation serait hors de propos et malséant. La dignité de Jésus et sa bonté se concilient dans la formule de congé : « Va-t-en et ne pèche plus. » Quoi qu'en aient dit les commentateurs, il ne formule aucune conclusion juridique sur l'indissolubilité du mariage et la conduite à tenir par le mari envers une adultère repentante ; il ne prononce même pas directement la rémission du péché dont il s'agit et n'entend pas, soit en ce qu'il dit, soit en ce qu'il ne dit pas, manifester ses droits de Messie ou le caractère de sa mission La condamnation qu'il s'est défendu de prononcer, et le jugement que le Christ johannique se défend d'exercer sont choses très différentes, quoique les déclarations théologiques de Jean puissent procéder en quelque façon des paroles et des actes du Christ historique.
1 . Le ms. D et d'autres témoins lisent, au v. 10 : t^ou eluv ; le texte reçu ajoute : Èxsrvo'. oi xarrjyopoc <JOu.
2. Comme elle se définit, par exemple, dans Jean, m, 17, ou viii, 15. Cf. B. Weiss, 321.