‹ Le quatrième évangileChapitre 464 sur 857 · VII · texte numérisé non relu

VII

LE TÉMOIGNAGE DU PÈRE

et à la foule. Le cadre de la scène est vague, presque idéal. Inutile de dire que Jésus ne peut répondre au sanhédrin dont il n'a pas entendu la délibération : il faut suivre la pensée de l'évang-éliste qui embrasse à la fois le peuple et ses chefs religieux. Il va de soi que le précédent discours et celui-ci ont été tenus dans le temple; l'évangéliste n'en fait que plus loin ^ l'observation. En prenant comme lettre d'histoire tous les détails du texte, on pourrait conclure que le second discours s'adresse à la foule, comme le premier; on a même inféré -, de l'absence du mot « foule ^ » dans la suite du chapitre, qu'il ne restait autour de Jésus que les habitants de Jérusalem, les pèlerins étant partis et la fête des Tabernacles passée. Mais c'est peine perdue que d'établir des conclusions de fait sur des textes qui ne prétendent pas à tant de rigueur. Le nouveau témoignage que Jésus se rend à lui-même est coordonné à celui qu'il s'est rendu dans le discours précédent; dans la perspective évangélique, la scène est toujours au temple, le dernier jour de la fête des Tabernacles, et il n'est pas indifférent au symbolisme du récit que la guérison de l'aveugle-né ait eu lieu ce jour-là. Après s'être désigné comme source de vie spirituelle^, Jésus se désigne comme « lumière du monde ». Il est superflu de chercher dans cette assertion une allusion à un rite quelconque de la fête des Tabernacles non parce que la fête était passée*^, mais parce que rien n'indique la préoccupation de cette particularité chez l'évangéliste, et que son symbolisme ne tiendrait probablement pas compte d'une simple coutume non garantie par un texte biblique. C'est à la fête des Tabernacles que l'on donnait tous les sept ans lecture de la Loi ; mais si l'auteur avait pensé à cette circonstance, il n'aurait pas manqué non plus de la mentionner. On n'est pas plus autorisé à supposer quelque rapport entre la déclaration de Jésus et la lecture de textes prophétiques ^, vu que ces lectures, qui se faisaient dans les synagogues, n'avaient pas de place dans le

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