‹ Le quatrième évangileChapitre 468 sur 857 · V. 27-:i0 ; siipr · texte numérisé non relu

V. 27-:i0 ; siipr

5. Le texte de la Loi sur hniucl il se fonde est Deut. xix, 15, librement cité.

LE TÉMOIGNAGE DU PÈRE

genre comme tous ceux que le Christ exprime avec le Père et par commission du Père.

Jésus donc, dans sa mission terrestre, ne jug'e personne; il n'est pas venu pour cela. Il n'est pas besoin d'observer que cette déclaration n'a, par elle-même, aucun rapport avec l'histoire de la femme adultère. Il s'ag-it de jugement non de condamnation, et la déclaration est absolue ; elle ne signifie pas que Jésus ne juge pas selon la chair, ou pas maintenant, ou en tant qu'homme, ou tout seul. En un sens, il juge, et en un sens, il ne juge pas ; en tant qu'il juge, ce jugement ne s'exerce pas seulement dans les cas exceptionnels, mais d'une façon permanente. S'il juge, comme il le fait réellement, ce jugement est nécessité par le péché, par la résistance coupable que le monde lui oppose; c'est la conséquence, non le but de sa venue. Tout jugement qu'il rend ainsi est un vrai, un parfait jugement, parce qu'il est rendu de concert avec le Juge suprême, le Père céleste. Jésus n'est jamais seul -\ le Père qui l'envoie est toujours avec lui ; il est donc aussi avec lui pour juger. Les jugements de Jésus sont portés en fait par deux personnes, et il en est ainsi du témoignage qu'il se rend à lui-même. Ce témoignage est valable selon la loi des Juifs. L'évangéliste fait dire à Jésus : « Votre loi », ce qui est assurément plus conforme au point de vue de l'écrivain qu'au langage du Christ historique. La Loi déclare insuffisant le témoignage d'un seul homme, et elle admet le témoignage de deux individus ; quoi que disent les Juifs, Jésus n'est pas dans le cas du témoin isolé; il a, on pourrait presque dire, il est deux témoins. Ce n'est pas qu'on ne puisse rencontrer deux faux témoins ; mais l'argumentation est conçue au point de vue juridique établi par l'autorité indiscutable de la Loi. Si la parole de deux hommes est une garantie légale de vérité, que manque-t-il à la parole du Christ et du Père pour être acceptée sans contestation ? Jésus compare à un double témoignage humain le témoignage, non d'un homme et de Dieu ^ , mais du Verbe fait chair et du Père qui l'envoie, c'est-à-dire un double témoignage divin. Seulement le carac-

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