Loquitur Cliristus juridice. » Maldonat
tère transcendant du témoig-nage ne ressort pas dans le discours, le symbolisme du langage johannique exigeant qu'on laisse deviner la dignité des deux témoins, sans l'indiquer en termes^ exprès. A prendre au sens matériel la déclaration de Jésus, comme vont faire les Juifs, il n'y est question que de deux témoins ordinaires, dont l'un paraît être un homme, et l'autre est absent. Ce n'est pas raison pour dire que le double témoignage ainsi allégué n'est pas supérieur à celui que demande la Loi ^. Jésus se rend témoignage à lui-même par sa venue et par ses discours; le Père rend témoignage à Jésus par les œuvres qu'il lui donne d'accomplir ; il l'autorise comme Fils, lumière du monde, vie éternelle. Le témoignage rendu au Fils par le Père dans les Ecritures ne semble pas visé directement en cet endroit.
<( Où est ton père? » disent les pharisiens On admet volontiers que la question est faite par manière de plaisanterie. Les Juifs feindraient ne pas savoir que Jésus appelle Dieu son Père, et ils lui demanderaient où est ce père, son second témoin. Plusieurs interprètes anciens ont adopté une opinion analogue, en supposant que les Juifs voulaient faire dire expressément à Jésus que Dieu était son Père, et prendre occasion de là pour l'accuser et le lapider. Quelques-uns ^ ont pensé que la question était injurieuse et faisait allusion à la légende de Pantheros, comme on l'a supposé pour une autre parole dans ce même chapitre ^ . Les deux allusions sont fort incertaines, bien qu'on ne puisse les dire absolument impossibles ; du moins ne sont-elles pas nécessaires pour expliquer les réflexions des Juifs. Mais on peut se demander également si la question des pharisiens est faite par ironie ou de mauvaise foi. La réponse de Jésus ne favorise ni l'une ni l'autre de ces deux hypothèses. Si la question était captieuse, l'auteur n'aurait pas manqué de l'observer. D'autre part, il n'a pas coutume de prêter beaucoup d'esprit aux interlocuteurs du Christ. On pourrait soutenir, semble-t-il, que les pharisiens sont supposés ne pas deviner qui est le Père dont Jésus a invoqué le témoignage. 11 est vrai que, dans un cas tout semblable ^, les Juifs ont compris, mais