Ainsi que fait B. Weiss
en vous. 38. Ce que j'ai vu auprès du Père, je le dis ; et vous aussi, vous faites ce que vous avez appris de (voire) père. ■> 39. Ils répondirent et lui dirent : « C'est Abraham qui est notre père. » Jésus leur dit : « Si vous étiez les enfants d'Abraham, vous feriez les œuvres d'Abraham.
40. Mais maintenant vous cherchez à me faire mourir, moi qui vous ai dit la vérité que j'ai apprise de Dieu. C'est ce qu'Abraham n'a pas fait.
41. Vous faites les œuvres de votre père. ); Us lui dirent : « Nous ne sommes pas des bâtards; nous avons un père, Dieu. » 4'2. Jésus leur dit: « Si Dieu était votre père, vous m'aimeriez, car c'est de Dieu que je suis sorti et que je viens. Car je ne suis pas venu de moi-même, mais c'est lui qui m'a envoyé. 43. Pourquoi ne comprenez-vous point mon lang^ag-e? Parce que vous ne pouvez pas écouter ma parole. 44. Vous avez pour père le diable et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été, lui, homicide dès le commencement, et il ne se tient pas dans la vérité, parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Quand il profère le mensonge, il parle de son propre fonds, parce qu'il est menteur et père du (mensonge). 45. Mais moi, parce que je dis la vérité, vous ne me croyez pas. 46. Qui de vous me convaincra de péché ? Si je dis la vérité, pourquoi ne croyez-vous pas en moi ? 47. Celui qui est de Dieu entend les paroles de Dieu. C'est pourquoi vous n'entendez pas, parce que vous n'êtes pas de Dieu. »
La remarque sur les Juifs qui sont amenés à croire en Jésus sert de conclusion aux discours précédents ^ et d'introduction à celui qui suit. On verra bientôt que cette conversion est plus apparente que réelle et qu'elle "n'aura pas de durée. Le lecteur ne s'attend pas à la voir se produire, et il n'en est pas moins surpris ensuite de la voir tomber tout à coup ; mais le cas est le même qu'au chapitre VI, où il semble que tous les Galiléens soient convertis le jour de la multiplication des pains, ce qui ne les empêche pas d'abandonner Jésus le lendemain. L'évangéliste n'entend pas que la prédication du Christ n'ait produit aucun effet à Jérusalem : elle a produit au contraire une impression considérable, comme en Galilée ; et comme en Galilée, cette impression a été superficielle et passagère, à raison de l'esprit grossier et étroitement nationaliste des Juifs. Ici encore on a donc, sous la forme d'un incident particulier, inexplicable comme tel, une vue générale du résultat obtenu, en ce qui concerne les Juifs de Jérusalem, ou simplement le judaïsme, par la prédication du Christ et même par la premiè.^e prédication chré-
1. Tous les discours tenus le dernier jour de la fete des Tabernacles, ou au moins depuis viii, 12 (viii, 21 ?).
LE TÉMOIGNAGE DU PÈKE
tienne. On peut se demander si l'auteur n'a pas aussi en vue des chrétiens absolument judaïsants, ou retombés dans le judaïsme, pour n'avoir pas voulu suivre l'évolution du christianisme hellénisant. Au point de vue doctrinal, qui est celui de ce chapitre, la description d'une conversion imparfaite sert à faire ressortir les conditions de la vraie foi au Christ, comme à l'org-ane de la vérité divine. Il convient de noter le rapport lof^ique entre ce qui est dit ^ des vrais disciples, instruits de la vérité et délivrés par elle, avec ce qui a été dit plus haut ~ du Père véritable dont le Fils est l'interprète, et du Christ lui-même, lumière du monde ^. Thèse christologique antijuive, à laquelle le miracle de l'aveugle-né servira bientôt d'illustration, et où l'idée de la liberté chrétienne au sens de Paul vient s'associer à l'idée grecque du Verbe, lumière universelle, pour constituer l'antithèse la plus complète aux conceptions du judaïsme légal.
Jésus adresse la parole à ces convertis qui ne le sont pas, à ces croyants qui ne sont pas vraiment disciples. Rien n'invite à supposer un intervalle de plusieurs jours entre ce discours et les précédents. La remarque sur la conversion des Juifs n'est amenée que pour expliquer et faciliter le développement de la thèse, non pour fournir une indication chronologique. Selon la perspective idéale du récit, on est encore au dernier jour de la fête des Tabernacles. Il est pareillement inutile de spéculer sur le nombre et la qualité des convertis, comme s'il s'agissait d'un fait déterminé, ou de supposer que Jésus parlerait seulement à une partie des Juifs momentanément gagnés Pour être vraiment ses disciples, ceux qui maintenant semblent croire en lui auraient besoin de « rester dans sa parole ». La formule conditionnelle <J présente dès