‹ Le quatrième évangileChapitre 482 sur 857 · V. 32. xal oArfina sXsuOsofoasi 0[j.à · texte numérisé non relu

V. 32. xal oArfina sXsuOsofoasi 0[j.à

4. Il n'est pas conforme au texte de nier la méprise (B. Weiss, 33ô) et de supposer que les Juifs se scandalisent de se voir offrir la liberté morale au lieu de la liberté politique attendue par eux du Messie.

ENFANTS d'aBRAHA3I ET ENFANTS DU DIABLE

sont des hommes libres et ne dépendent que de Dieu. Les démentis que l'histoire donne à cette prétention^ pour ce qui regarde l'indépendance nationale, sont comme non avenus : Dieu a pu permettre la domination étrangère comme un châtiment provisoire ; Israël n'en est pas moins libre en vertu de son élection. Il est vrai que les Juifs crieront plus tard à Pilate : « Nous n'avons pas d'autre roi que César ^ ». Mais l'évangéliste n'en est pas à leur épargner une contradiction, et celle-ci s'accorde très bien avec le but qu'il poursuit dans le récit de la passion : montrer les Juifs reniant dans la personne de Jésus la vérité, la liberté, leurs propres espérances, pour se proclamer serviteurs des Romains qu'ils détestent et qui les écraseront. Pour le moment, ils se déclarent les plus libres des hommes, du moins ils sont nés tels ; ce sont les Cananéens et les Gentils qui sont nés esclaves, et pour servir les fils d'Abraham, d'Isaac et de Jacob.

La prétention des Juifs à l'indépendance est combattue par un raisonnement qui porte toujours sur l'équivoque du mot « liberté ». « En vérité, leur dit Jésus, quiconque fait le péché est esclave. » Le texte ordinaire ajoute : « du péché » ; mais la version syriaque du Sinaï et quelques autres témoins anciens ''^ n'ont pas cette addition qui compromet la continuité symbolique du discours et la logique extérieure du raisonnement. Il serait par trop clair que Jésus entend par liberté une chose, et les Juifs une autre, et l'équilibre du dialogue serait rompu. Jésus donc affirme que les Juifs ne sont pas libres, parce que tout pécheur est esclave. Il est sousentendu que le pécheur est esclave du péché même ou du démon. Aucune distinction n'est faite entre les diverses catégories de pécheurs. Le principe est posé comme indiscutable : qui dit pécheur dit esclave. Or l'esclave n'a aucun droit dans la maison où il habite et qui n'est pas à lui ; il peut être vendu, échangé, chassé; tandis que le fils, futur propriétaire de la maison, y est chez lui et y reste toujours. L'allégorie est transparente ; car il s'agit d'une allégorie et non d'une simple comparaison. Le fils dont on parle maintenant est le même dont on va dire : « Si le Fils vous alfranchit,

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