XIX
2. V, 24. Tïxç, ô Tzotcov Tr)v àaapTi'av SouÀo; ècjxiv [tt]; àaapii'a;]. Cf. I Jean, m, 8 ; Rom. VI, 10, 20.
3. D, h, Clément d'Alexandrie {Stroin. II, v, 22 ; III, iv, 30).
VOUS serez libres en réalité. » L'esclave, le pécheur n'est donc pas autre que le Juif, fils d'Abraham selon la chair, mais esclave quand même, parce que pécheur, et pécheur surtout parce que rebelle à la prédication du Christ. Pour se garantir contre les suites normales de sa condition, pour se préserver de la réprobation finale, le Juif, esclave et pécheur, a besoin d'être émancipé, sauvé du péché qui l'exclut de la vie éternelle, et il ne peut être émancipé que par le Fils. L'allégorie ne suppose qu'un fils dans la maison du maître, qui est la maison du Père céleste, et elle le montre investi de tout pouvoir sur l'héritage, ayant seul autorité pour affranchir les serviteurs. Ce Fils est le Monog-ène dont parlait le prologue ^ ; comme on a dit plus haut que la vérité rend libre, on dit maintenant qu'il affranchit, parce que c'est lui qui est la vérité. La liberté qu'il donne, la liberté spirituelle qui élève l'homme au-dessus de toutes les puissances mauvaises est la vraie liberté, dont celle qui occupe la pensée des Juifs n'est qu'une grossière image. Si le raisonnement, au point de vue d'une logique rigoureuse, a Tinconvénient d'être fondé sur un jeu de mots, l'enseignement n'en est pas moins solide. On est bien tenté d'admettre que, dans ce développement, l'Evangile johannique dépend, pour le fond, deTEpîtreaux Galates ^, et peut-être, pour la forme, de l'Epître aux Hébreux ^.
Que les Juifs soient descendants d'Abraham par la génération naturelle, Jésus ne le conteste pas ; mais, nonobstant cette descendance, ils sont esclaves et ont besoin de liberté ; fîls d'Abraham selon la chair, ils ne sont pas ses fils selon l'esprit. La preuve en est dans les intentions meurtrières qu'ils entretiennent à l'égard de celui qui voudrait les sauver; ils tombent dans cet excès d'aveugle ingratitude, parce que sa parole n'a pas de fruit en eux, si bien que, tout comme il dit ce qu'il a vu près de son Père, eux font ce qu'ils ont appris du leur ^. Il va sans dire que ce père qui enseigne le meurtre aux prétendus enfants d'Abraham n'est pas l'ancêtre