‹ Le quatrième évangileChapitre 486 sur 857 · Grill · texte numérisé non relu

Grill

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ENFANTS d'aBRAHAM ET ENFANTS DU DIABLE

Sara contre la suspicion d'adultère, et il ne peut guère y avoir non plus allusion à la naissance dlsmaël, qui n'a pas été illégitime; quant à l'idolâtrie, rien, dans tout le contexte, n'en fait soupçonner la pensée. Il semble que les Juifs sont maintenant préoccupés de leur filiation spirituelle, identifiée d'ailleurs dans leur esprit avec la descendance d'Abraham, et que leur protestation n'a qu'une signification générale : quoi qu'on en dise, ils ne sont pas des enfants adultérins; fils d'Abraham, ils sont aussi fils de Dieu ; dans l'ordre spirituel, ils n'ont pas d'autre père que ce Père divin; et par là ils ne se défendent pas contre l'adoration des faux dieux, mais contre l'imputation de filiation diabolique qu'ils ont soupçonnée au moins vaguement dans le discours de Jésus. Origène ^ et certains commentateurs modernes^ ont vu, dans les paroles des Juifs, une allusion perfide à la légende de Pantheros. Dans ce cas, il faudrait admettre que Jean, tout en ayant connaissance de la légende calomnieuse, ne la jugeait pas digne de réfutation. Comme on n'a pas besoin de cette allusion pour expliquer le discours des Juifs, le plus probable est qu'elle n'existe pas.

Maintenant le Sauveur combat la prétention qu'ont les Juifs d'être enfants de Dieu. S'ils l'étaient vraiment, ils aimeraient celui que Dieu envoie pour réunir en un seul troupeau les enfants de Dieu dispersés dans le monde. Jésus est venu de Dieu par l'incarnation ; et il n'est pas venu de lui-même : c'est le Père qui l'a envoyé. Si sa parole ne prend pas sur les Juifs, s'ils ne la reconnaissent pas comme parole vraie et divine, c'est qu'ils sont incapables d'entendre son enseignement. Cette incapacité n'est pas une incapacité de nature ; mais ce n'est peut-être pas assez dire que de l'appeler simplement morale, comme si elle résultait de la mauvaise volonté actuelle. L'incapacité morale dont il s'agit est conçue comme antérieure à la manifestation de mauvais vouloir. Elle résulte d'une sorte de nécessité providentielle dont le secret n'est pas autrement expliqué. Que cette nécessité soit fondée, en dernière analyse, sur la prévision de l'infidélité volontaire, c'est une question dont l'évangéliste n'est aucunement préoccupé. Les hommes lui semblent partagés en deux catégories, les enfants de Dieu et les enfants du diable , qui suivent comme naturellement les suggestions de leurs pères. Il ne semble pas possible qu'un enfant

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