‹ Le quatrième évangileChapitre 489 sur 857 · J. Réville · texte numérisé non relu

J. Réville

n'est pas d'ordre métaphysique et abstrait; elle ne tient pas à celle de la matière ; elle a un caractère positif. Le mal est une force vivante, il est Terreur vivante, comme le Christ est la vérité vivante. Bien loin d'être adventice, l'idée du diable est un élément essentiel du système johannique. A cet égard, Fauteur dépend probablement de la tradition apocalyptique, mais il l'a interprétée à sa manière. Pour lui, la mort qui règne dans l'humanité n'est pas précisément la conséquence du péché d'Adam ; elle résulte de l'action du diable, père du mensong-e, agent d'erreur, qui, depuis l'origine, entraîne dans la mort le monde qui le suit ; ceux qui lui appartiennent y resteront ; mais, grâce au Verbe de vie, les enfants de Dieu échapperont à la mort spirituelle par la connaissance de la vérité, à la mort réelle par la vie impérissable que communique aux siens le Christ vivant ^.

Les anciens interprètes ont vu généralement dans ces paroles : <( Il ne se tient pas dans la vérité ^ »^ la chute initiale du démon et sa première révolte contre Dieu; mais le contexte ne permet pas d'entendre le verbe au plus-que-parfait, comme s'il s'agissait d'une faute particulière antérieure au premier meurtre ; il s'agit du caractère du diable, de son attitude générale à l'égard de la vérité attitude qui s'explique par le fait qu'il n'y a pas de vérité en lui. Cette explication a souvent embarrassé les commentateurs : il ne faudrait pas la solliciter beaucoup pour y trouver que le diable est, par sa nature même, et non par l'effet d'un péché primordial, ennemi de la vérité. Mieux vaut prendre le texte comme il est et reconnaître que le quatrième Evangile ne nous apprend rien sur l'origine du démon. 11 nous le montre dans son opposition au règne de Dieu, qui est au moins en lui une seconde nature. Que le diable mente, cela est dans la logique de son être, et , il ne peut même faire autre chose que mentir, étant menteur foncièrement. L'assertion : (( Il est menteur, et son père ^ », a été entendue

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