‹ Le quatrième évangileChapitre 491 sur 857 · V, 24 ; VI · texte numérisé non relu

V, 24 ; VI

2. D'après B, Weiss, 349, les Juifs ne comprendraient pas comment Jésus dispenserait les hommes de sentir la mort sans les dispenser de la mort même. Subtilité. La méprise des Juifs est grossière, et elle se fonde sur l'espèce d'équivoque très réfléchie qui existe dans les paroles du Christ.

^. SCHANZ, 359.

LE QLATRIÈME ÉVANGILE

Synoptiques^, plutôt qu'elle ne signifie directement l'amer tume du trépas Si les Juifs ne disent pas : « Es-tu plus que Dieu », ce n'est pas qu'Abraham suffise à la comparaison, c'est parce qu'ils veulent mettre Jésus lui-même en parallèle avec les saints d'autrefois, non sa parole avec celle de Dieu. L'objection^ qui n'a pu être faite en ces termes au Christ, pourrait bien être de celles qui avaient cours dans le milieu où fut écrit rÉvang-ile. Abraham a-t-il échappé à la mort? S'est-il vanté de l'éparg-ner aux autres? Est-il ressuscité, et est-ce de lui qu'on attend la résurrection ?

Sans répondre directement à la question des Juifs, Jésus se défend du reproche de vaine gloire. S'il se vante, sa gloire n'est rien 3, en tant que proclamée j^ar lui^ et non parce qu'elle serait nulle, faute d'être reconnue ^; mais c'est que cette gloire n'est pas autre que celle qu'il tient du Père et qui se manifeste dans ses œuvres "\ Sa gloire vient du Père, que les Juifs appellent leur Dieu, sans le connaître, et que lui connaît. S'ils connaissaient Dieu comme il veut être connu, ils n'auraient pas de peine à discerner l'action du Père dans la gloire du Fils ^. Jésus le connaît, et il ne pourrait parler autrement sans être un menteur, comme ceux qui l'accusent faussement et dont toute la conduite ment au titre d'enfants de Dieu qu'ils affectent de prendre ; il connaît le Père et il (( garde sa parole », il accomplit fidèlement toutes ses volontés pour le salut du monde. Jésus lui-même se trouve dans la condition qu'il vient d'établir pour ses fidèles : ceux qui gardent sa parole ont et retiendront la vie éternelle; lui, qui garde la parole du Père, est dès maintenant glorifié par lui, il le sera bien davantage encore par sa propre résurrection et son retour à la gloire céleste.

Quant à Abraham, puisqu'on a jugé bon de l'opposer au Christ, il faut savoir que cet ancêtre dont on est si fier, et qui était lui un vrai.

1. Mattii. XVI, 28; cf. xxvi, 39. Schanz, 359. Holtzmann, d38.

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