Schanz, loc. cit
r,. Cf. V, 31-32.
6. Cf. V, 37. Jésus ne dit pas que le Dieu des Juifs soit réellement un autre que le Père, et on nè peut s'appuyer sur ces passages pour introduire, avec IIiLGENFELD {supp. cU . p. 574, n. 1), dans le quatrième Évangile, la distinction gnostique du vrai Dieu et du Dieu des Juifs.
EiNFANTS D^AimAlIAM ET ENFANTS DU DIABLE
croyant et un enfant de Dieu, a tressailli dans l'espérance de voir «le jour » de Jésus, « qu'il Ta vu et s'en est réjoui » K II est accordé ici qu'Abraham est le père des Juifs selon la chair, pour mieux faire ressortir combien ses descendants diffèrent de lui quant à l'esprit. En quelle occasion Abraham s'est-il réjoui de voir « le jour », c'est-à-dire, au sens propre, la naissance du Christ -, mais, au sens fig-uré, dont le premier n'est que le symbole, l'incarnation du Verbe avec ses conséquences douloureuses et glorieuses ? Ce ne peut être que dans une circonstance particulière de la vie du patriarche, à laquelle est attribuée une signification plus haute que sa réalité historique ; et puisqu'il s'agit de joie, tout porte à croire que l'évangéliste a en vue tel texte de la Genèse où il est dit qu'Abraham a ri en entendant les promesses divines relatives à sa postérité. Il importe peu que le sens littéral de ce passage ne soit pas conforme à celui qui est supposé pour l'allégorie.
Beaucoup d'interprètes modernes pensent, après Maldonat ^, qu'Abraham serait censé avoir connu, dans le paradis ou les limbes^ l'apparition du Christ dans la chair. Mais le texte et le contexte suggèrent plutôt l'idée d'un fait très éloigné, nullement contemporain de l'incarnation. Les anciens commentateurs étaient bien plutôt dans le sens de l'Evangile, quand ils supposaient qu'Abraham avait vu le jour du Christ dans un événement figuratif et par révélation prophétique. Il n'est pas téméraire d'admettre que cet événement est la naissance d'Isaac ^, soit prise en elle-même ^, soit complétée en quelque façon, comme figure, par la scène du sacrifice ^. Ce symbolisme est tout à fait dans la manière de l'évangéliste, et on ne doit pas l'écarter par des considérations d^exégèse historique auxquelles il est complètement étranger. Le cas de Moïse
1. V. 56.'A6paà[jL 6 7:aT7]p u^iGh rjyaXXiaaaio tva l'ôr] xrjv f][j.épav Trfv I|J.t^'v, xaî siSsv xai lydcpT].
2. Cf. Job, m, 1. Beaucoup d'anciens ont pensé au jour de réternité. Jésus compare ailleurs son existence terrestre à un jour (ix, 4 ; xi, 9), et Ton a déjà vu la signification de « l'heure » finale.