Cf. Marc, x, 46; Act. m
4. V. 11. ô avOptoTio; ô XeyojjLevo; 'lîqaouç. L'homme dit qu'il a recouvré la vue : àvé6X£'|a. Ce peut-être une imitation du langage des Synoptiques (cf. Marc, viii, 24 ; X, 52). Peut-être est-il un peu subtil de dire qu'un aveugle-né peut recouvrer la vue en ce sens que la faculté de voir lui est due, pour ainsi parler, à raison de sa qualité d'homme et que le don de la vue qui lui est fait apparaît comme une restitution. B. Weiss, 363. Dans ce cas, l'expression convient mieux à l'humanité qu'à l'individu aveugle.
l'aveugle-né
comment il avait recouvré la vue. Et il leur dit : « Il m'a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé, et je vois. » 16. Alors quelques-uns des pharisiens dirent : « Cet homme-là n'est pas de Dieu, puisqu'il ne garde pas le sabbat. » D'autres disaient : « Gomment un homme pécheur pourrait-il faire de tels miracles? » Et il y avait désaccord entre eux. 17. Ils dirent donc encore à Faveug-le : « Toi, que dis-tu de lui, pour ce qu'il t'a ouvert les yeux? « Il dit : « C'est un prophète. »
On s'en va donc trouver les « pharisiens », c'est-à-dire ce groupe de personnages pleins de zèle qui sont comme les porte-j)arole du sanhédrin et les adversaires officiels du Christ. Il fallait bien les prévenir que Jésus avait fait un peu de boue et ouvert les yeux d'un aveugle en ce jour de sabbat. Le texte ne fait nullement entendre que ce sabbat soit écoulé, que l'on soit au lendemain du miracle ou à quelques jours de distance^. Pour la perspective, on est toujours au sabbat, qui est en même temps le dernier jour de la fête des Tabernacles et probablement, dans la pensée de l'auteur, le septième jour de la fête. C'est à cause du symbolisme que le récit manque de précision, et l'on aurait tort de vouloir pour cela disperser les faits sur plusieurs jours. La boue, la guérison, le sabbat signifient bien autre chose que ce qu'y voient les pharisiens, et le narrateur joint l'ironie à l'allégorie quand il montre les docteurs juifs tout scandalisés de ce que Jésus a fait pour l'aveugle. Quant à savoir si la réunion du sanhédrin est privée, parce que le sabbat n'autorisait pas de réunion jDublique 2, c'est un jDoint qui n'inquiète pas l'évangéliste.
Les pharisiens veulent connaître dans le détail tout ce qui s'est passé ; ils interrogent eux-mêmes l'aveugle, et celui-ci leur répond ce qu'il a déjà dit à ses voisins, ne pouvant dire autre chose. Là-dessus des sentiments divers se font jour dans l'assemblée. Les uns ne voient que la violation du sabbat et déclarent avec beaucoup d'emphase que Jésus ne peut pas être un homme de Dieu; une minorité, qui tient compte du miracle, fait une objection timide, sous forme d'interrogation : est-il possible qu'un pécheur accomplisse de tels prodiges? On ne répond pas à cette question. La majorité ne veut entendre que ce qui flatte son préjugé ; mais, le cas ne laissant pas d'être embarrassant, on se risque à demander au principal intéressé