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A. LoisY. — Le quatrième Évangile. 3S
ce qu'il en pense Ml ne semble pas encore qu'on Tinterrog-e à mauvaise intention. Son opinion valait la peine d'être recueillie, et comme il ne l'avait pas exprimée, on ne pouvait pas espérer qu'il secontredît lui-même. Il apparaît seulement ensuite que les pharisiens s'étaient flattés que cette opinion pourrait n'être pas favorable, comme si l'aveugle avait pu se croire guéri par un coup de magie. Il répond que Jésus doit être « un prophète^ », un homme de Dieu, et cela suffît pour qu'on ne l'écoute pas. On en vient même à suspecter son témoignage pour ce qui est du fait de la guérison.
IX, 18. Cependant les Juifs ne voulurent point croire qu'il eût été aveugle et qu'il eût recouvré la vue, jusqu'à ce qu'ils eussent appelé les parents de celui qui venait d'être guéri; 19. et ils les interrogèrent, disant : « Est-ce là votre fils, que vous dites être né aveugle? Comment se fait-il donc qu'il voit maintenant? » 20. Alors ses parents répondirent et dirent : « Nous savons que c'est là notre fils et qu'il est né aveugle, 21. mais comment il se fait qu'il voit maintenant, nous ne le savons pas ; ou bien qui lui a ouvert les yeux, nous ne le savons pas. Interrogez-le, il a de l'âge; il parlera pour lui-même. » 22. Ses parents dirent cela, parce qu'ils craignaient les Juifs. Car les Juifs avaient déjà résolu entre eux que si quelqu'un le reconnaissait pour le Christ, il serait exclu de la synagogue^ 23. C'est pourquoi ses parents dirent : a II a de l'âge, interrogez-le. »
« Les Juifs », c'est-à-dire les membres du sanhédrin, la majorité hostile à Jésus, qui seule parle et agit désormais, tandis que la minorité, plus au moins favorable, se tait, les Juifs soupçonnent quelque entente secrète entre Jésus et le prétendu aveugle qui dit avoir été guéri par lui. La violation du sabbat étant certaine, ils voudraient bien trouver que le miracle est faux, soit qu'il résulte de prestige démoniaque, soit qu'il ait été simulé. L'aveugle, qui aurait pu corroborer la première hypothèse, s'y est nettement refusé. Reste la seconde, qui deviendrait une certitude si l'homme qui se dit guéri n'était pas l'aveugle qui fréquentait les abords du temple et n'était pas reconnu comme tel par ses parents. Dernière chance à courir, bien fragile d'ailleurs, puisque les voisins qui l'ont amené au sanhédrin n'ont pas le moindre doute sur son identité.
On fait donc venir les parents et on leur dit : « Est-ce là votre