‹ Le quatrième évangileChapitre 506 sur 857 · Cf. IV, 19, la conclusion de la Samaritaine · texte numérisé non relu

Cf. IV, 19, la conclusion de la Samaritaine

l'aveijgle-né

fils, que vous dites être né aveug-le? Gomment se fait-il qu'il voit maintenant? » Les parents, gens prudents, répondent franchement sur les deux points où ils ne sont pas exposés à se compromettre : l'homme qu'on leur présente est bien leur fils, et il est né aveugle. Mais ils ignorent tout à fait comment il a acquis l'usage de la vue et qui peut le lui avoir donné ; leur fils seul peut savoir ce qui s'est passé; il est d'âge à se rendre compte des choses, et c'est lui seul que l'on peut questionner utilement i.

L'attitude des parents est celle des familles juives, et même païennes, qui ont peur, devant l'autorité, de paraître solidaires de ceux des leurs qui se sont convertis au christianisme : on avoue le lien de parenté, les antécédents juifs ou païens, mais on affecte d'ignorer les motifs, les circonstances, les suites de la conversion. C'était déjà, observe l'évangéliste, chose décidée par les Juifs, c'està-dire par leurs chefs religieux, que quiconque reconnaîtrait Jésus pour le Christ serait exclu de la synagogue : pour ne pas s'exposer à l'excommunication 2, les parents font semblant de ne pas même connaître le nom de Jésus. Cette excommunication existait certainement au temps où fut écrit le quatrième Evangile ; mais il suffit de lire les Actes des apôtres pour se convaincre qu'elle n'existait pas encore dans les premières années de la prédication chrétienne. L'excommunication dont il s'agit ne peut pas être l'exclusion des synagogues de Jérusalem, par une simple entente des Juifs, sans décision officielle de l'autorité ni une décision préparée par le sanhédrin, dont le public aurait été averti avant sa promulgation ^. Ainsi ce détail est en rapport avec le symbolisme du récit, non avec l'histoire de Jésus.

IX, 24. Ils appelèrent donc de nouveau l'homme qui avait été aveugle, et ils lui dirent : « Rends gloire à Dieu ! Nous savons que cet homme est un pécheur. » 25. Alors il répondit : u S'il est pécheur, je n'en sais rien. Je sais une chose, c'est que, d'aveugle que j'étais, maintenant je

1. Ss. V. 21 : « Comment il voit ou qui lui a ouvert les yeux, nous ne savons. Il a de l'âge ; vous pouvez apprendre (cela de lui. » V. 23. u C'est pourquoi ses parents dirent : Interrogez-le. »

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