‹ Le quatrième évangileChapitre 508 sur 857 · Cf. Jos. VII, 19; EsDu. x · texte numérisé non relu

Cf. Jos. VII, 19; EsDu. x

l'aveugle-iné

et de docteurs ^ pour troubler la conscience d'un mendiant : « Nous savons, disent-ils, que cet homme est pécheur. »

Mais le mendiant ne se laisse pas intimider, et sa réponse est aussi habile que courageuse. Il s'abstient de contredire ouvertement ses chefs et il se barricade en quelque sorte dans le fait : « S'il est pécheur, je ne sais ; je sais seulement que j'ai été aveug-le et que je vois maintenant. » Le « je ne sais » n'est pas une restriction mentale une affectation d'ignorance, moins encore l'expression d'un doute, mais une façon assez ironique d'écarter l'examen direct d'une question posée en termes trop généraux : l'aveugle se déclare incompétent pour qualifier de pécheur un homme qu'il ne connaît que par un bienfait.

Désappointés, les Juifs essaient de le reprendre par un autre côté. Ils lui demandent encore une fois comment Jésus a fait pour le guérir, espérant sans doute que, dans une seconde déposition, il pourra varier, se contredire, dévoiler quelque détail ou circonstance qui permettrait d'expliquer la guérison autrement que par un miracle divin, ou d'y découvrir une fraude vulgaire. Mais l'homme déjoue cette ruse par sa franche brusquerie. Agacé de s'entendre poser toujours la même question, il répond : « Je vous l'ai déjà dit, et vous n'avez pas écouté; pourquoi voulez-vous l'entendre encore ? » Les Juifs qui interrogent maintenant l'aveugle sont donc les mêmes que les pharisiens qui lui ont demandé comment il avait recouvré la vue; les uns et les autres se confondent vaguement avec le sanhédrin, et il n'est pas nécessaire de supposer qu'une partie des pharisiens nommés d'abord se retrouve dans la haute assemblée, ou que la référence est inexacte Il est clair que les pharisiens de Jean ne sont pas ceux des Synoptiques, mais une fraction du sanhédrin ^ répondant à peu près aux scribes ou docteurs de la Loi qui, dans les premiers Évangiles, sont désignés comme appartenant au grand conseil.

L'impatience faisant place au sarcasme, l'homme continue : « Voudriez-vous aussi vous faire les disciples » de celui qui m'a guéri ? La réponse est censée devoir être négative ^, et la question ne laisse

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