‹ Le quatrième évangileChapitre 509 sur 857 · Cf. I, 19, 24; vu, 32, supr. p. 208 et p · texte numérisé non relu

Cf. I, 19, 24; vu, 32, supr. p. 208 et p

5. V. 27. [JLT] xaî Ujxstç ôéXsrs aùtou [jLa0r]Tai ysvsaOai ;

LE QUATRIÈME ÉVAiNGILE

pas entendre que l'aveugle lui-même soit déjà croyant; il Test sans doute, d'une certaine manière, mais il ne demande pas aux Juifs s'ils veulent croire comme lui ^, il leur demande s'ils veulent s'associer au groupe des disciples, ce qui est plus encore que de croire en Jésus. La seule idée d'une pareille hypothèse les met en fureur. Ils insultent ou pensent insulter l'aveugle en lui disant : (( Sois son disciple » si tu veux; nous, nous sommes disciples de Moïse. » Dans leur pensée un Juif qui abandonne Moïse pour Jésus est un misérable apostat : il n'y a pas lieu de supposer d'autres propos injurieux que l'évangéliste n'aurait pas voulu rapporter. Ces grands docteurs se prévalent de leur science en face d'un homme du peuple : « Nous savons » pertinemment « que Dieu a parlé k Moïse, mais nous ne savons pas d'oii vient celui-ci -, » Que Moïse a été l'organe de la révélation divine, ils ne le savent pas, en réalité, mieux que les autres ; et s'ils ignorent d'où vient Jésus, c'est-à-dire s'il est envoyé de Dieu ou non, cet aveu qui confirme ce que Jésus luimême a dit à ce sujet ne laisse pas d'être assez compromettant pour leur autorité. Leur embarras est le même que celui des membres du sanhédrin, dans les Synoptiques, à propos de Jean- Baptiste ^. Ils ne peuvent pas nier le miracle devant l'aveugle qui voit, ni soutenir que ce n'est pas un miracle, ou que c'est l'œuvre du démon; ils se retranchent dans l'ignorance. Mais la situation est beaucoup plus naturelle dans les Synoptiques, où tout se passe devant le peuple, et où la mauvaise foi des Juifs n'est pas aussi absolue.

Dans le quatrième Evangile, les miracles sont si évidents que l'incrédulité judaïque en devient monstrueuse. Effet de perspective qui résulte du symbolisme adopté par l'auteur et du point de vue théorique où celui-ci a voulu se mettre. Pour ne pas trouver artificielle et invraisemblable toute cette*discussion du sanhédrin avec l'aveugle, il faut se rappeler que le sanhédrin est le judaïsme, l'auteur ayant toujours soin de dire « les pharisiens )^ ou (( les Juifs », jamais « le grand conseil », et que l'aveugle est l'humanité convertie. Jésus va déclarer bientôt que les docteurs du judaïsme sont

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