Luc, XI
grand jugement, à Tavènement messianique; ou Jésus a cité le livre, ou les collecteurs de sentences ont trouvé que ce passage convenait parfaitement à la façon dont les Juifs avaient traité le Christ et les apôtres après lui ; ils Font recueilli d'abord, en forme de citation, parmi les discours du Sauveur; comme on ne tarda pas à identifier la Sagesse de Dieu au Christ lui-même \ on laissa tomber la formule de citation, comme il est arrivé dans Matthieu, et les paroles qu'on avait attribuées au Christ préexistant se trouvèrent placées dans la bouche du Christ historique Ainsi les Synoptiques ne fournissent aucune base à la chronologie du quatrième Évangile.
Les indications de cette chronologie sont visiblement subordonnées au but didactique et polémique du livre. L'auteur ne se soucie pas de donner un aperçu complet du ministère de Jésus, comme un historien aurait pu se proposer de le faire. S'il avait eu cette intention, il n'aurait pas rejeté au second plan le ministère galiléen, et il aurait dû décrire autrement le ministère hiérosolymitain. Il a voulu, tout le monde en convient, montrer Jésus sur le théâtre que les prophéties assignaient à l'activité du Messie ; il a voulu prouver que la manifestation évangélique n'avait pas eu lieu, pour la plus grande partie, dans un coin obscur de la Palestine, mais dans la capitale du judaïsme, devant ses chefs, et que les plus grands miracles du Christ s'étaient accomplis dans la ville sainte. Cette perspective n'est pas la photographie de l'histoire ; elle n'en est que l'interprétation, l'amplification apologétique d'un fait réel, à savoir, que la prédication du Christ et l'œuvre du salut ont eu leur couronnement à Jérusalem. Pris à la rigueur, le point de vue johannique serait en contradiction absolue avec celui des premiers Évangiles: on devrait choisir entre les deux, et la précision apparente de Jean ne serait pas une raison de le préférer aux Synoptiques, étant donné qu'on n'a pas seulement à se prononcer entre deux systèmes chronologiques, mais entre deux enseignements et deux représentations du Christ et de son œuvre. Tout porte à croire que la représentation la plus fidèle des discours et de la physionomie historique du Sauveur est aussi la plus rapprochée de la vérité chronologique. Il est d'ailleurs inconcevable que Jésus ait pu, à plusieurs reprises et durant plusieurs années, prêcher à Jérusalem en se déclarant Messie, sans être arrêté L'évangéliste lui-même Ta si bien