SciiANz, 374; B. Weiss
l'aveugle-né
IX, 35. Jésus a}3prit qu'ils Tavaient jeté dehors, et Tayant rencontré, il dit : « Crois-tu au Fils de Thomme ? » 36. Il répondit et dit : « Et qui est-il. Seigneur, pour que je croie en lui ? » 37. Jésus lui dit : « Tu Tas vu, et c'est celui qui te parle. » 38. Il dit : « Je crois, Seigneur, et il se pros- •terna devant lui. 39. Et Jésus dit : « C'est pour un jugement que je suis venu en ce monde, pour que ceux qui ne voient point voient et que ceux qui voient deviennent aveugles. « 40. Ceux des pharisiens qui étaient avec lui entendirent cela et lui dirent : « Est-ce que nous aussi, nous sommes aveugles? » 41. Jésus leur dit : « Si vous étiez aveugles, vou^ n'auriez pas de péché. Mais vous dites que vous voyez, votre péché demeure. »
De même que Jésus a rencontré, après l'avoir guéri, le paralytique de Béthesda \ il rencontre l'aveugle de Siloé. Dans les deux cas, il complète l'instruction de ceux qu'il a soulagés et la nôtre. La rencontre est providentielle. L'aveugle ne cherchait pas Jésus, et Jésus lui-même semble trouver l'aveugle comme par hasard. Mais Jésus sait que l'aveugle a été excommunié, il connaît aussi les motifs de cette excommunication, et il veut conduire à la perfection la foi déjà si forte de celui qu'il a guéri. « Crois-tu, lui dit-il, au Fils de l'homme 2?» La question sollicite une réponse affirmative et doit être considérée comme une exhortation à la foi. Elle s'adresse à l'aveugle seul, en l'opposant en quelque façon à la masse des Juifs incrédules 3^ ce qui convient parfaitement à la signification de son personnage. L'aveugle est censé comprendre que la formule « Fils de l'homme » désigne le Messie, et même le Messie johannique, le Verbe incarné, le Christ lumière^, non le chef attendu de la théocratie juive. 11 admet sur la parole de Jésus qu'il y a un Messie, et il ne demande qu'à le connaître pour croire en lui ■\ « Tu l'as vu », répond Jésus, c'est-à-dire, tu le vois, « et c'est lui qui te parle )>• Il n'en faut pas plus pour que cet homme de bonne volonté se prosterne et adore le Sauveur. Il l'adore comme Dieu, et non par un
2. Leçon probablement primitive (nBD, Ss.). Plusieurs mss. et anciennes versions lisent : « Fils de Dieu ».