‹ Le quatrième évangileChapitre 514 sur 857 · Cf. III, 17-21 ; V, 22; supr. pp · texte numérisé non relu

Cf. III, 17-21 ; V, 22; supr. pp

l'avelgle-^é

persécuteur, s'il n'était question que d'un aveugle qui a vu et que ce miracle a rendu croyant, on ne comprend pas comment Jésus pourrait dire, à son occasion, qu'il éclaire les aveugles et aveugle les voyants, puisque dans cette affirmation solennelle il ne vise que des aveugles et des voyants dans l'ordre spirituel.

Le sens ne peut pas être : « Je suis venu pour que les aveugles réels voient spirituellement^ et que les voyants 5/)i>f7we/s deviennent aveugles réellement ^ » Le cas de l'aveugle qui a vu fournit la métaphore par laquelle on signifie l'accession des Gentils à la foi véritable ; et cette métaphore en appelle une autre, celle d'un voyant qui deviendrait aveugle^ pour signifier l'incrédulité des Juifs devant le Christ et le christianisme. L'antithèse n'est pas non plus entre les non voyants, qui seraient les âmes de bonne volonté conscientes de leur indigence, et les voyants, qui se flatteraient d'être en possession de la vérité divine car le discours ne vise pas directement les dispositions subjectives des personnes, mais deux états généraux qui, par une volonté mystérieuse de la Providence, vont être intervertis, le salut passant aux Gentils, et la réprobation aux Juifs. Lorsque l'on veut appliquer le discours aux seuls auditeurs juifs de Jésus, on est tenté de justifier ainsi la distinction des aveugles et des voyants par leur bonne et leur mauvaise volonté. Mais la déclaration a une bien autre portée, et il s'agit ici de ce que l'évangéliste a voulu enseigner, non de ce que Jésus a pu dire aux Juifs de son temps. Ce n'est pas non plus sans quelque subtilité que l'on met dès l'abord une distinction absolue entre les « non voyants » et les « aveugles », sous prétexte que les « non voyants » ont la faculté de voir sans exercer la vue, tandis que les aveugles en sont incapables Si les non voyants ne s'opposent pas avec les aveugles aux u voyants », ceux-ci devront également se partager en deux catégories de personnes, dans les deux membres de l'antithèse, ce qui détruira l'équilibre du discours : il n'est pas question d'individus déterminés, ayant telles dispositions intérieures, mais de deux grandes catégories, ceux qui possèdent la vraie lumière de Dieu et ceux qui ne l'ont pas. Une distinction va être faite à propos des aveugles qui croient voir, mais cette distinc-

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