HOLTZMANN
2. Sauf peut-être le trait du pasteur marchant devant les brebis, qui es d'une si belle signification allégorique. Ou observe (Schanz, 381) que cette manière de faire, commune en Occident, ne l'est pas en Orient, spécialement en Palestine, où le bergermarche le plus souvent derrière le troupeau ; l'exception aurait été choisie de préférence à la règle, parce qu'elle donnait une meilleure application. Mais l'évangéliste a pu faire sa description conformément à l'usage du pays où il vivait.
3. Les Pères ont pensé à Moïse, à l'Esprit-Saint, à Jean-Baptiste, etc.
A. LoisY. — Le quatrième Évangile. 39
connaît et que je connais le Père; et je donne ma vie pour les brebis. 16. J'ai encore d'autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie ; il faut que je les amène aussi, et elles écouteront ma voix, et il y aura un seul troupeau, un seul pasteur. 17. C'est pour cela que le Père m'aime, parce que je donne ma vie, afin de la reprendre. 18. Personne ne me Tôte, mais je la donne de moi-même. J'ai le pouvoir de la donner et j'ai le pouvoir de la reprendre; telle est la mission que j'ai reçue de mon Père. »
Conformément au procédé qui lui est familier dans tous les discours, révang-éliste observe que les Juifs ne comprirent pas ce qu'on leur disait^, et il introduit par ce moyen de nouvelles considérations, plus explicites, sur le même sujet, qui ne sont pas moins sublime^ que les précédentes, ni plus intelligibles pour l'auditoire. « Je suis, dit le Sauveur, la porte des brebis-. » Beaucoup de commentateurs anciens et modernes, s'autorisant de ce qui a été dit plu& haut des voleurs et de la porte où passe le vrai berger, pensent que <( la porte des brebis » est la porte par où l'on a accès auprès des brebis, en sorte que Jésus se présenterait comme celui qui donne mission aux vrais pasteurs. D'autres, interprétant la formule d'après ce qui suit, voient dans la porte des brebis la porte où les brebis passent; en disant : « Je suis la porte », Jésus dirait la même chose qu'en disant : « Je suis la voie »; il se donnerait comme le médiateur du salut. Les deux explications sont vraies en ellesmêmes; mais on ne peut les maintenir k la fois comme sens du texte. La seconde paraît plus probable, soit que l'on considère le texte, soit que l'on ait égard à la suite du discours, où il n'est pas parlé de mission donnée par Jésus, mais de salut procuré par lui. La première allégorie ne fait pas loi pour l'interprétation de celle-ci ; autrement, Jésus se donnerait comme la porte par où lui-même passe le premier. Puisque l'on est obligé d'admettre une certaine incohérence dans le discours, mieux vaut accepter la moins violente, à savoir que le mot « porte », au commencement, en tant que porte pour le berger, ne signifie pas autre chose que la mission légitime de Jésus, et que plus loin, en tant que porte pour les brebis^ et appliqué directement à Jésus lui-même, il signifie la médiation nécessaire du Sauveur et le salut procuré par lui. De