‹ Le quatrième évangileChapitre 524 sur 857 · Cf. Mattu. XI · texte numérisé non relu

Cf. Mattu. XI

LE BON PASTEUR

dans les discours après la cène. L'emploi allégorique du berger et du troupeau fait que le mot (( connaître » représente ici le lien qui rattache le Christ à son Père, et les fidèles au Christ ; lorsque Jésus parlera sans figure, il dira : « Comme mon Père m'a aimé, je vous ai aimés; demeurez dans mon amour » Aussi bien n'est-il pas question directement du rapport éternel qui unit le Verbe au Père, mais du rapport actuel et permanent qui unit le Verbe dans la chair à son Père céleste. En donnant sa vie pour ses brebis, Jésus manifeste son amour pour le Père qui les lui a confiées, et pour les brebis qui lui ont été confiées par le Père. C'est la pensée des brebis à lui données, non celle de sa mort prochaine, qui introduit la réflexion sur les « brebis qui ne sont jDas de cette bergerie », c'est-à-dire sur les chrétiens de la gentilité. Jésus possède ces brebis en tant qu'elles lui sont destinées par le Père, non pas en tant qu'elles seraient déjà disposées à croire - ou dociles à Faction universelle du Verbe car il a en pensée tous les Gentils qui dans l'avenir croiront en lui ^. Le bon pasteur doit aller chercher ces brebis qui sont comme égarées ; il se fera écouter d'elles comme du petit nombre de brebis israélites qui l'ont suivi ; du tout se fera un seul troupeau, comme il n'y a qu'un seul berger.

Il est évident que Jésus n'a pas l'intention d'aller prêcher en personne l'Evangile aux Gentils. C'est pourquoi, bien que ce soit en pensant à la totalité de son troupeau qu'il annonce la conversion des païens, la prévision de sa mort est associée comme condition préalable, non pas précisément comme cause méritoire, à l'idée de cette conversion. Le Christ johannique parle de l'Eglise telle qu'elle est constituée au moment où s'écrit l'Evangile. Comme la conversion des Gentils est dans les desseins du Père, il faut qu'elle s'accomplisse, et que le Fils, par ses disciples, aille aux Gentils. Il n'est pas dit, et pour une bonne raison, que les « autres brebis » seront introduites dans la a bergerie » d'Israël, mais que, des brebis qui sont « de cette bergerie », et de celles qui sont en dehors, il se formera un seul troupeau, le troupeau du bon pasteur. Cette conception de l'Eglise est plus éloignée encore, s'il est pos-

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