‹ Le quatrième évangileChapitre 525 sur 857 · Cf. XVII · texte numérisé non relu

Cf. XVII

sible, de l'esprit juif que celle de saint Paul ' : il n'est pas question d'associer les Gentils au privilège d'Israël, de les substituer pour une part aux Juifs incrédules ; on ne connaît plus qu'une seule et véritable alliance, celle qui unit Juifs et Gentils au Verbe incarné. Maldonat ~ remarque à bon droit que le Sauveur n'annonce pas la conversion de tous les Juifs et de tous les Gentils avant la lin du monde : il y aura de part et d'autre une sélection que l'on soupçonne devoir être plus considérable du côté des Gentils. Mais ce n'est pas l'égalité absolue de tous les chrétiens, quelle que soit leur origine, qui est enseignée directement en cet endroit, c'est l'accroissement futur, on pourrait presque dire indéfini, du troupeau, le développement progressif de son unité vivante dans son pasteur éternel. La prérogative d'Israël est tellement oubliée qu'il n'est plus nécessaire de dire qu'un Juif n'est pas plus qu'un autre dans la nouvelle société des enfants de Dieu. Les Juifs ne sont pas plus que les Gentils les « propres brebis » de l'unique pasteur 3.

Cependant la mort du pasteur doit précéder cet agrandissement du troupeau. Bien loin qu'on la puisse alléguer contre la mission divine de celui qui doit la subir, on doit y voir une preuve de son obéissance au Père, de son amour pour les brebis et de la liberté souveraine avec laquelle il se sacrifie à la gloire de celui qui l'a envoyé. Le Christ n'est pas mort malgré lui, et il ne s'est pas non plus jeté dans la mort par un caprice orgueilleux de sa volonté. Il est dans l'ordre de la Providence qu'il donne sa vie pour ses brebis, et qu'il la reprenne pour la constitution définitive du troupeau. C'est parce qu'il est tout disposé à obéir, à quitter la vie pour ses brebis, en s'exposant pour elles dans un dernier combat, qu'il est aimé du Père. Il pourrait échapper à la mort, il ne le veut pas : cette idée, chère à l'auteur du quatrième Évangile ^, dominera tout son récit de la passion. Mais le Christ ne mourra pas pour toujours; il ne déposera la vie que pour la reprendre. « Personne ne la lui enlève », c'est-à-dire que nulle puissance humaine ou même diabolique ne réussirait à le faire mourir, s'il n'était pas de lui-même

d. BoM. XI, et même Épii. ii, 11-22. Le point de vue n'est pas non plus le même que dans le premier Évangile, où il est dit de faire ce qu'enseignent les pharisiens, mais non ce qu'ils font (Matth. xxiii, 2-3).

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