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LE QUATHIÈME ÉVANGILE
pas pour éviter une dénonciation ^ puisque ce qu'il va dire l'exposera à être lapidé, mais pour marquer, à l'ordinaire, la souveraine indépendance de sa parole à l'égard des hommes et de toute autorité humaine. Son discours contient plus que l'aveu demandé. <( Je vous ai dit 2 » qui je suis, c'est-à-dire que je suis le Fils envoyé du Père pour le salut du monde ; malgré toutes mes affirmations, (( vous ne croyez pas » ; et quand même ma parole manquerait de garanties, « les œuvres que je fais au nom de mon Père rendent témoignage de moi. » L'argument n'est pas nouveau. L'explication de l'incrédulité des Juifs a déjà été donnée aussi plusieurs fois : « Vous ne croyez pas, parce que vous n'êtes pas de mes brebis. » Les Juifs n'écoutent pas Jésus, parce qu'ils ne sont pas de Dieu, parce qu'ils ne sont pas destinés au Fils en qualité de brebis, parce qu'ils sont réellement et providentiellement incapables d'appartenir à son troupeau ^. Dans la forme, la déclaration se réfère au discours précédent, sur le bon pasteur et ses brebis. La version syriaque du Sinaï et plusieurs autres anciens témoins ^ ajoutent même après les mots : « Vous n'êtes pas de mes brebis », cette formule significative : « ainsi que je vous l'ai dit ^. » Tout en supposant le discours du bon pasteur, le renvoi atteint directement le discours du chapitre viii et si l'addition n'est pas authentique, ce renvoi subsiste implicitement. Un tel procédé de référence convient au développement d'une thèse, mais ne se comprendrait guère dans des discours tenus à trois mois de distance et devant des auditoires nécessairement dillerents. L'évangéliste peut bien supposer, de son point de vue théorique, et par une fiction littéraire, que l'auditoire est identique et qu'il se souvient de tout ce qui a été dit auparavant ; il n'aurait pu en être ainsi dans la réalité.
Suivent des considérations qui reproduisent et complètent ce qui