Godet, B. Weiss, Knabenbauer
A. LoisY, — Le quatrième Évangile.
d'admettre que le seul aspect ou la parole de Jésus produisent cet empêchement. Sa volonté, conforme à celle du Père, y suffît ^ Quand ses ennemis mettront la main sur lui, on saura que c'est par la permission du Père et la sienne. Les paroles du Sauveur n'étaient pas de nature à calmer les Juifs, et leur réponse fait voir qu'ils ne sont nullement apaisés. Jésus dit à ceux qui voudraient le lapider : « Je vous ai montré beaucoup de bienfaits ^ de la part du Père ; pour lequel est-ce que vous me lapidez ? » L'ironie est incontestable; car Jésus n'ignore pas pourquoi les Juifs sont si fâchés, et il ne rappelle ses bienfaits que pour les confondre. En réalité, Jean se moque des Juifs qui n'avaient aucune raison devouloir tant de mal à celui qui venait pour les sauver. La parole de Jésus « répond ^ » à l'action que les Juifs essaient en vain d'exécuter. Ceux-ci repartent, faisant écho à Texclamation du grandrprêtre dans les Synoptiques ^ : « Ce n'est pas pour une bonne œuvre que nous te lapidons, mais à cause d'un blasphème, et parce que, n'étant qu'homme, tu te fais Dieu. » L'exclamation du grandprêtre se trouve ainsi anticipée et remplacée : dans l'interrogatoire du Christ johannique, il ne sera pas question de blasphème, et Jésus ne fera que se référer à son enseignement public ^. Les Juifs ont compris que Jésus se fait Dieu, non seulement en prétendant participer à la puissance divine, mais à l'être divin. Ils n'examinent pas autrement le caractère de cette participation, qui même après les explications que Jésus va donner, leur paraît injurieuse à Dieu. Telle était sans doute l'impression que produisait la christolog-ie johannique sur les Juifs contemporains de l'évangéliste. Il est de toute évidence que le Christ historique n'a jamais discuté ainsi sur la divinité de sa personne avec les pharisiens.
Jésus justifie son langage par celui de TAncien Testament : (( N'est-il pas écrit dans votre Loi : « J'ai dit : Vous êtes des dieux ? » Le texte est pris des Psaumes ^ ^ et le mot « Loi »
1. « Susiulerurit sed non jecerunt, quia Christi potentia ea ipsa, propter quam eum lapidare volebant, prohibiti sunt. » Maldonat, II, 770.
2. V. 32. sp^a xaXà. Ss., lat./^.min. 220 omettent xaÀà, qui pourrait être importé du v. 33.