‹ Le quatrième évangileChapitre 538 sur 857 · Ps. Lxxxii (lxxxi · texte numérisé non relu

Ps. Lxxxii (lxxxi

A LA FÊTE DE LA DÉDICACE. LE FILS DE DIEU

désigne ici le corps des Écritures juives en tant que livre divin et procédant d'une même inspiration. Le Christ johannique dit : « Votre Loi ^ », comme si lui-même n'était pas juif; et, en effet, il ne se connaît pas d'autre patrie que le ciel. Bien que Moïse et les prophètes aient écrit de lui, l'Ecriture ne laisse pas d'être la Loi des Juifs, non la sienne. Voilà donc l'Ecriture, un témoignage irréfragable pour tout enfant d'Israël, qui appelle dieux les hommes dont il est question dans ce passage. On admet généralement que la parole du psaume s'applique aux chefs du peuple théocratique en tant que représentants de Dieu - ; mais il n'est pas impossible qu'elle s'adresse aux anges gardiens des peuples, selon la conception du livre de Daniel. Dans la citation, il est plus probable qu'on a en vue des hommes, bien qu'on ne le dise pas expressément. Cette citation peut s'entendre aussi de deux manières : l'Ecriture appelle dieux ceux à qui cette parole même : « Vous êtes des dieux » a été adressée; ou bien : l'Écriture appelle dieux ceux à qui la parole divine, en général, a été adressée, c'est-à-dire les organes de la révélation. La première interprétation paraît quelque peu subtile et insignifiante. On a peine à croire que la formule : « Ceux à qui la parole de Dieu a été adressée », soit un remplissage et qu'elle ne contienne pas la raison pour laquelle tels et tels ont été appelés dieux. La seconde a l'inconvénient de ne pas s'accorder avec le sens original de la citation; mais combien de passages de l'Ancien Testament allégués dans le Nouveau sont dans le même cas ! Rien n'autorise à penser que l'auteur aurait en vue les magistrats d'Israël ^, et l'idée serait bien vulgaire pour le quatrième Évangile. Saint Augustin a probablement deviné juste en admettant une antithèse à moitié indiquée entre « ceux à qui la parole de Dieu a été adressée », c'est-à-dire les anciens projDhètes, et la Parole même de Dieu, le Verbe qui s'est fait chair. Ceux qui ont participé à la parole ont eu quelque chose de Dieu en eux, et le Christ est lui-même la Parole, qui est Dieu ^.

Quoi qu'il en soit, la force de l'argumentation reste la même dans tous les cas. Du moment que l'Écriture, autorité indiscutable,

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