Cf. Grill
a qualifié dieux tels individus^ à plus forte raison « celui que le Père a sanctifié et envoyé dans le monde » a-t-il pu se donner sans blasphème comme le Fils de Dieu. Ainsi l'unité du Père et du Fils ne signifiait pas autre chose que ce rapport de filiation. Jésus ne (c se dit pas sanctifié et envoyé », par comparaison avec les prophètes ^ ; en tant qu'envoyé, il est « le saint de Dieu - » par excellence, car il a été consacré par l'effusion de l'Esprit qui lui a été donné sans mesure, et. Verbe incarné, il a été envoyé au monde pour le sauver. La consécration de Jésus n'est pas autre chose que l'incarnation, toujours associée dans la perspective du quatrième Evang-ile à la descente de TEsprit. La sanctification dont il s'agit n'est pas antérieure à Fincarnation du Verbe, et la mission ne se rattache pas non plus directement au ciel, mais à l'incarnation. Ceux que l'Ecriture appelle dieux n'étaient certainement pas dans un rapport aussi étroit avec la divinité. Jésus prouve deux choses : qu'il peut sans blasphème se dire Dieu ou Fils de Dieu, et que ce titre divin lui appartient de façon transcendante et unique en tant qu'il est le Verbe fait chair, envoyé pour le salut des hommes. On peut dire que, même ici, le rapport métaphysique du Père et du Fils n'est pas indiqué, Jésus se donnant comme le suprême org-ane de la révélation et du salut ^ ; mais cet organe n'est pas uni à Dieu par un lien purement moral ; il est constitué par la présence réelle de l'Esprit, l'incarnation physique du Verbe divin en Jésus. Toute cette discussion fait pendant à la discussion synoptique sur le Messie fils de David, qui est bien plutôt Fils de Dieu ^.
Jésus a donc le droit de se dire <( Fils de Dieu », et, par cette affirmation, lévangéliste n'entend pas justifier seulement la parole : (( Moi et le Père nous sommes un », qui vient de scandaliser les Juifs, mais les déclarations antérieures du Christ sur le même sujet ^, comme si le tout ne formait qu'une seule dispute dans un seul tableau, où la chronologie tient lieu de cadre et non de séparation. C'est pourquoi l'argument que Jésus a déjà si souvent produit en faveur de sa mission divine revient encore une fois. Si le Christ ne faisait pas les œuvres du Père, on pourrait n'ajouter