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LE QUATBIÈME ÉVANGILE
fié Marie à la femme qui a oint le Sauveur, et il n'a pas dit que Marie avait un frère nommé Lazare. Ce ne sont pas des choses que le lecteur sache déjà^; il est censé les ignorer, et Tévang-éliste les lui apprend. Le lecteur connaît, par Marc et par Matthieu 2, la femme qui a répandu le parfum sur la tête de Jésus, la veille de sa mort : Jean, qui a peut-être identifié tacitement Lazare à Simon le Lépreux, dit que cette femme était Marie, sœur de Marthe. On pourrait croire aussi, à la façon dont il est parlé de l'onction, que Marie est identifiée à la pécheresse de Luc-^; mais l'emprunt de quelques traits à la description du troisième Evangile n'est pas un argument décisif en faveur de cette hypothèse, l'onction à laquelle on fait ici allusion étant celle qu'ont racontée les deux premiers Evangiles et dont on lira plus loin le détail. Le fait de l'onction est signalé à cause de son importance traditionnelle et symbolique ; le narrateur le suppose connu, bien qu'il le rappelle en termes qui ne correspondent exactement ni à l'onction rapportée dans les deux premiers Evangiles, ni à celle de la pécheresse dans Luc, mais au récit que lui-même fera en combinant les données synoptiques. Il instruit le lecteur au sujet de Marie, et ce qu'il en dit n'est pas pour la distinguer d'autres personnes du même nom, Marie de Clopas, ou Marie de Magdala, qui ne lui semblaient pas devoir jamais être confondues avec Marie de Béthanie.
Le nom de Lazare se rencontre, comme on sait, dans une parabole du troisième Evangile^ ; c'est une forme abrégée de Eléazar, nom qui signifie : « Dieu est secourable » Ainsi le nom convient au personnage et à l'œuvre symbolique qui va s'accomplir en lui. Un lien peut exister entre notre Lazare et celui de la parabole, étant donnée la dépendance du quatrième Evangile à l'égard du troisième pour ce qui regarde Marthe et Marie. Quoi qu'il en soit, l'auteur laisse voir l'intention de compléter Luc sur trois points : le séjour des deux sœurs, l'identité de Marie avec la femme de l'onction, la parenté de Lazare avec Marthe et Marie. Bien loin que ces renseignements soient censés connus -^, son langage donne plu-