IX
en soit glorifié » Le discours est amphibologique à dessein, parce •que le Christ ne veut pas faire connaître d'avance aux disciples le miracle qu'il a l'intention d'accomplir. Les auditeurs peuvent croire que la maladie de Lazare n'est pas mortelle, et que celui-ci en reviendra pour la plus grande gloire de Dieu et du Fils qu'il a envoyé. Le sens littéral n'est pas que la maladie de Lazare ne conduit pas à la mort dont on ne revient que pour le jugement dernier ^ ; car cette distinction n'est pas indiquée dans le discours, et l'on ne peut songer qu'à une mort ordinaire. Seulement Jésus, tout en ayant l'air de parler d'une maladie non mortelle, parle d'une mort passagère. On a ici une sorte de transposition de la parole qu'il a dite à propos de la fille de Jaïr : « L'enfant n'est pas morte, mais elle dort ^. » On va tout à fait contre l'esprit du texte en supposant que Jésus lui -même ne sait pas encore ce qu'il fera, s'il devra guérir Lazare ou le ressusciter Le sens apparent du discours est celui qui résulte de la signification naturelle des mots : la maladie n'est pas mortelle. Le sens réel, mais sous-entendu, est : Lazare ressuscitera. Le sens profond, qui est figuré par le précédent, et que Jésus développera plus loin, est : la mort n'existe plus pour le croyant, et celui qui a la foi du Christ, même après sa mort, est toujours vivant. La résurrection de Lazare sera une manifestation de la puissance divine; la résurrection spirituelle de l'humanité en sera une autre ; et les deux glorifieront devant le monde le Fils de Dieu par qui ces grandes oeuvres se seront accomplies. Il ne s'agit pas, en vérité, de consoler ou d'éprouver Marthe et Marie, mais de montrer la prescience du Christ et de préparer le lecteur à l'intelligence du miracle.
Cependant l'évangéliste tient à faire savoir que l'attitude de Jésus en cette circonstance n'est pas à expliquer par un sentiment de froideur envers la famille de Béthanie. Tout au contraire, Jésus aimait particulièrement Marthe, Marie, Lazare. S'il ne fait pas tout de suite le miracle qu'on lui demande, c'est qu'il n'appartient à personne d'influer sur sa volonté ; c'est que l'heure n'est pas venue de faire le miracle ; c'est que le miracle à faire doit être autre et plus
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