‹ Le quatrième évangileChapitre 548 sur 857 · B. Weiss, Schanz · texte numérisé non relu

B. Weiss, Schanz

Les disciples* dont la présence n'est ordinairement rappelée que dans les occasions où Ton a besoin d'eux pour le développement des dialogues, ne dissimulent pas l'étonnement et l'inquiétude que leur cause le projet du Maître. Celui-ci vient à peine de se soustraire aux entreprises des gens qui voulaient le lapider, et il parle de retourner au milieu d'eux! Ils ne songent pas à Lazare, et ce n'est pas la proximité de Béthanie et de Jérusalem ^ qui les épouvante. On peut même se demander s'ils ne craignent pas autant pour euxmêmes que pour Jésus. La réponse qu'ils obtiennent et qu'ils ne comprendront pas est beaucoup moins destinée à les rassurer qu'à édifier le lecteur sur le devoir et la mission terrestres du Christ.

Nonobstant sa forme générale, cette déclaration ne fait que définir le rôle personnel du Sauveur; elle correspond - aux paroles que l'évangéliste a placées avant la guérison de l'aveugle ^. C'est le même Christ qui est source de lumière et source de vie ^. Les douze heures du jour marquent le temps assigné par la Providence à l'action du Verbe incarné; de même que, pendant le jour, on marche en sécurité, parce qu'on a la lumière pour se conduire, et que, pour une raison contraire, on est exposé la nuit à de fâcheux accidents, ainsi Jésus ne court aucun risque tant que sa journée providentielle n'est pas finie. Ce n'est qu'au moment où le Christ sera sur le point de tomber entre les mains de ses ennemis que Jean dira : (( Il était nuit » Le discours est allégorique, et l'allégorie est assez mal venue, parce que l'auteur, outre qu'il né visait pas à la clarté, lui a donné l'apparence d'une comparaison parabolique, ce qu'elle n'est pas réellement ^. Il est sous-entendu que Jésus doit marcher tant qu'il fait jour ; qu'il doit agir tant que l'heure finale n'est pas venue ; qu'une œuvre importante reste à faire avant cette heure dernière, et qu'il est temps de l'exécuter.

Les disciples ne disent rien, et peu importe qu'ils aient ou non compris ce qu'ils viennent d'entendre. Jésus reprend la parole pour indiquer le but spécial de son voyage : u Lazare, notre ami, dort.

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