‹ Le quatrième évangileChapitre 549 sur 857 · Cf. siii>r · texte numérisé non relu

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LAZARE

mais je vais aller le réveiller K » Il y aurait incohérence entre cette seconde déclaration et la précédente, si la résurrection de Lazare n'était pas un fait symbolique. Mais l'objet de Tentretien ne change pas, le « réveil » de Lazare fîg-urant toute l'économie du salut par le Christ. Il existe donc une harmonie secrète entre le fait particulier que Jésus annonce, et la proposition générale qu'il vient d'émettre. Le fait est présenté en termes volontairement ambigus, ou plutôt allégoriques, dont la méprise des disciples fera ressortir pour le lecteur la véritable signification. Ce n'est pas du tout pour préparer graduellement les disciples à l'idée de la résurrection ~ que Jésus leur dit : « Lazare dort », puisqu'ils ne comprendront pas mieux ses intentions quand il leur aura dit : « Lazare est mort », mais pour signifier que la mort du chrétien n'est qu'un sommeil, non une mort véritable. La méprise des disciples et la réflexion qu'elle leur suggère ne sont pas plus enfantines que celles de Nicodème, de la Samaritaine, des Juifs, en des circonstances analogues. Il est assez inutile de vouloir l'atténuer " ou en discuter la vraisemblance historique, attendu que Jean poursuit manifestement l'instruction du lecteur, à travers un jeu de dialogue qui serait inconsistant dans la réalité. Comme les disciples n'ont pas saisi le sens direct et moins encore le sens spirituel de ses paroles, Jésus leur dit sans figure : « Lazare est mort »; mais il n'ajoute pas qu^il va le ressusciter; cette dernière idée reste enveloppée dans une formule qui reste inintelligible pour les disciples, et à laquelle ils ne font pas attention : « A cause de vous je me réjouis de n'avoir pas été là, pour que vous croyiez. » Le Christ ne se réjouit pas de la mort de Lazare, mais de ce que, ne s'étant pas trouvé là pour le guérir, l'occasion lui est fournie d'opérer sur le mort une résurrection qui servira de prélude à la sienne et accroîtra la foi de ses disciples en vue de l'épreuve qui leur est préparée dans sa passion et dans sa mort. L'espèce d'emphase avec laquelle on parle de cette mort et de ses conséquences laisse bien entendre qu'il ne s'agit pas seulement de Lazare et des disciples, mais aussi de la mort dont Jésus délivre, de la résurrection qu'il procure aux siens, de la foi que tous doivent avoir au Maître de la vie éternelle.

1. V. 11. AàÇapo; 6 çi'Xoç rju-wv x£/.oi'[j.rjTa'.' àXXà Tiops jo[jt.at iva sÇuT^vt'aw auTo'v. Cf. Marc, v, 39, supr. cit.

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