‹ Le quatrième évangileChapitre 555 sur 857 · V. 23. ava^TT^'orsTat ô à^sX'joç cjou · texte numérisé non relu

V. 23. ava^TT^'orsTat ô à^sX'joç cjou

5. V. 25. lyo) ehxi t] avocaradt; xal fj Çwt). Les mots u et la vie » manquent dans Ss. On peut se demander si la mention de la vie n'aurait pas été ajoutée dans le texte ordinaire, pour plus de clarté. Le mot « résurrection » serait à double sens, figurant la résurrection proprement dite et la vie divine, impérissable, du croyant, ce qui serait tout à fait dans les habitudes du langage johannique. Noter que s. Cyprien, citant ce texte (Hartel, I, 310) dit seulement : « Ego sum resurrectio. » Deux mss. lat. (a /) ont la même leçon,

ne mourra jamais », car il a déjà la vie éternelle qu'il ne saurait perdre et qui sera couronnée par la résurrection dernière.

Telle est la grande vérité que Jésus propose à l'intelligence et à la foi de Marthe, avant de l'exaucer par la résurrection de son frère. Tel est aussi le sens profond de cette résurrection ; car la déclaration de Jésus serait hors de propos et sans véritable rapport avec la circonstance, si la résurrection de Lazare ne signifiait pas précisément ce que Jésus vient de dire. Le Sauveur demande un acte de foi à la vérité qu'il vient de proclamer, c'est-à-dire à sa propre mission de vivitîcateur spirituel, éternel : « Crois-tu cela? » Marthe n'a peutêtre pas tout à fait compris, mais elle n'hésite j)as à reconnaître en Jésus, principe de vie éternelle, le vrai Messie. C'est cette foi qui est demandée par le Sauveur, qui est prêchée par l'auteur du quatrième Evangile. « Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui vient dans le monde. » Le « Fils de Dieu » doit s'entendre au sens johannique, puisque cette formule est censée équivalente à celle qu'a employée Jésus : « Je suis la résurrection et la vie. »

Ainsi l'interrogation du Sauveur a eu pour objet d'élever la foi de Marthe jusqu'à la véritable signification du miracle qu'elle demande, en la détachant du miracle même, en lui démontrant l'inutilité de ce miracle en tant que réalité physique, avant de le lui accorder K II est instructif de comparer cette demande de foi avec celle qui est faite, dans Marc, au père de l'épileptique - : dans la second Evangile, la foi est réclamée en vue du miracle ; ici on la transporte au-dessus du miracle, jusqu'à une vérité dont le miraclen'est plus que le symbole, non la preuve, en sorte que la foi, qui obtient le miracle, apprend d'abord à s'en passer. Marthe se tient pour satisfaite. Elle est assurée que Jésus sera pour Lazare, en la façon qui lui conviendra, ce qu'il est pour tous ceux qui croient en. lui, le Christ qui donne la vie éternelle.

XI, 28. Et après avoir dit cela, elle s'en alla appeler Marie sa sœur, lui disant tout bas : « Le Maître est là et il t'appelle. » 29. Dès qu'elle eut entendu (cela), (Marie) se leva promptement et se rendit auprès de lui. 30. Et Jésus n'était pas encore arrivé au villag-e, mais il était à l'endroit où Marthe l'avait rencontré. 31. Cependant les Juifs qui étaient avec Marie dans la maison et lui faisaient leurs condoléances, voyant qu'elle se levait

Page 1