ScHANz, 401 ; Knabenbauer
Le problème est insoluble pour quiconque veut maintenir le cadre et les faits de l'Evang-ile johannique en face du cadre et des faitssynoptiques, comme si Jean avait le même caractère ou un caractère plus certain de réalité historique et d'exactitude chronologique. On sacrifie plus ou moins consciemment le cadre synoptique au cadre johannique, et l'on amalgame ensuite les faits de la Synopse et ceux du quatrième Evangile, comme si les deux formes de récit n'étaient pas foncièrement irréductibles à un type commun ; comme si une série de faits n'excluait pas l'autre, et qu'il n'y eût qu'à loger les événements synoptiques dans les compartiments libres de la chronologie johannique. Mais ces compartiments ne sont pas ouverts et l'on n'y peut rien introduire ^ : après la fête de la Dédicace, vers la fin dedécembre, on a vu Jésus se retirer au delà du Jourdain, puis revenir à Béthanie pour ressusciter Lazare ; le miracle fait, sa mort est décidée par le sanhédrin, et il se retire à Ephraïm ; la Pâque est proche ; six jours avant la fête, il se rend à Béthanie, où a lieu le festin de l'onction ; le lendemain il entre triomphalement à Jérusalem^ prononce dans le temple quelques paroles à l'occasion des Grecs qui veulent le voir, et disparaît ; après le dernier repas qu'il a pris avec ses disciples, le soir d'avant la Pâque, il est pris et il meurt le jourmême où les Juifs célèbrent le festin pascal. Dans les Synoptiques^ Jésus est parti de Galilée, a traversé la Pérée et arrive à Jérusalem par Jéricho quelques jours avant la Pâque ; non seulement son? ministère hiérosolymitain n'est pas fini, mais il commence; et lesprêtres n'ont pas encore résolu sa mort, ils lui demandent compte de ses premiers actes, le triomphe de son entrée, l'expulsion des vendeurs ; Jésus discute avec eux ; il répond aux questions des pharisiens et des sadducéens ; il les irrite par l'indépendance de sa prédication et il excite leur jalousie par la faveur qu'il trouve auprès du peuple ; le sanhédrin forme le projet de l'arrêter après la fête, maisla trahison de Judas ^Drécipite le dénouement ; le festin de l'onction a lieu à Béthanie chez Simon le Lépreux, deux jours avant la Pâque ; le dernier repas de Jésus coïncide avec le festin pascal, et à ce dernier repas se rattache l'institution de l'eucharistie ; le Christ meurt le premier jour de la semaine des Azymes, et non la veille.
Sans insister sur les contradictions de détail, il est évident que ces deux conceptions s'excluent l'une l'autre ; non seulement les