‹ Le quatrième évangileChapitre 564 sur 857 · IIOLTZMANN · texte numérisé non relu

IIOLTZMANN

LAZARE

faits sont différents, mais ils n'ont pas la même physionomie ; la prédication hiérosoly mitaine des Synoptiques ne peut se placer avant le retour d'Ephraïm, puisque Jésus n^est pas alors dans la ville sainte, ni après, puisque la rupture du Christ johannique avec les Juifs est consommée dès la fête de la Dédicace ; une prédication suivie est inconcevable, dans le quatrième Evang-ile, entre le cinquième jour avant la Pâque et le soir du dernier repas. A peine est-il besoin d'observer que la résurrection de Lazare et la situation qui en résulte pour le Sauveur sojit pareillement incompatibles avec les conditions de l'apostolat hiérosolymitain dans les Synoptiques. L'historien doit donc choisir entre ces deux représentations de la prédication du Christ à Jérusalem ; car il ne peut pas les concilier sans les altérer toutes les deux. Son [choix ne sera pas douteux : quoique Renan ait préféré Jean aux Synoptiques, il est clair que ceux-ci, sans être ni précis ni complets, sont néanmoins beaucoup plus près de la réalité, plus historiques, plus vrais de couleur, que le quatrième Évangile, dominé par son symbolisme et son système théologique. Mais si la perspective générale des jSynoptiques est à maintenir, si celle du quatrième Evangile est k considérer comme théorique et artificielle, la résurrection de Lazare est par là même compromise comme fait, et l'exégète a plutôt à discuter la question de son origine et de sa signification doctrinale que celle de son historicité.

Les points d'attache du récit johannique avec les trois premiers Evangiles, principalement avec le troisième, sont faciles à découvrir, et on les a signalés depuis longtemps ^ Plusieurs se sont offerts naturellement dans le commentaire. L'auteur avait en pensée la résurrection de la fille de Jaïr et celle du jeune homme de Nain ; il les a comme concentrées dans la résurrection de Lazare, et il ne paraît avoir grandi le miracle que pour avoir voulu l'élever à son maximum de signification. Lazare tient d'un côté à Simon le Lépreux, cet ami de Jésus, chez qui a lieu, dans les Synoptiques, le repas de l'onction -, et de l'autre au pauvre Lazare de la parabole, celui dont Abraham a dit qu'il ressusciterait en vain pour les frères du riche ^ : le Lazare de l'Evangile ressuscite inutilement pour les Juifs. Renan, qui a si mal compris les récits du quatrième

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