B. Weiss, 422 ; Schanz
LE CONSEIL DE CAÏPHE
porteur de Fornement * qui avait été substitué à l'oracle ainsi appelé dans les anciens textes. L'hypothèse d'après laquelle Caïphe serait dit « pontife de Tannée » par une sorte d'allusion ironique aux changements fréquents de pontificat n'est même pas à discuter, et la plaisanterie, s'appliquant à Gaïphe, tomberait à faux.
Caïphe parle en maître orgueilleux ou en homme passionné : (( Vous n'y entendez rien », dit-il aux membres du sanhédrin ; il ne faut pas demander ce qu'on doit faire ; rien n'est plus clair, il faut perdre un homme pour sauver la nation. Qu'un individu soit sacrifié pour assurer la conservation d'un peuple, ce peut être une chose nécessaire et légitime dans telle et telle occasion ; mais Caïphe met ce jDrincipe au service d'une politique égoïste ; il veut dénoncer comme coupable un innocent, à seule fin de maintenir sa caste en paisible possession de ses privilèges et de son autorité. Seulement cet avis odieux se trouve être une magnifique prophétie. Il importait, en effet, que le Christ mourût -, puisque sa mort devait procurer non seulement le salut des Juifs de bonne volonté, mais celui de tous les enfants de Dieu, c'est-à-dire de tous ceux qui étaient appelés à devenir tels, et qui étaient répandus sur la terre parmi les Gentils, pour ne faire des uns et des autres qu'un seul troupeau sous un seul pasteur ^.
L'évangéliste allonge la prophétie, sans plus songer à Caïphe. Celui-ci n'a pas eu conscience du sens profond que l'on extrait de son discours ? Ses paroles sont prophétiques par un hasard qui est une destination providentielle : il n'est vraiment pas nécessaire d'y reconnaître une action particulière de l'Esprit-Saint ^. En tant que prophétique, la parole ne vient pas de lui, mais il ne la dit pas non plus comme prophétie. Dieu s'est servi de lui, parce qu'il était grand-prêtre, pour signifier, sans qu'il s'en aperçût, une très belle