‹ Le quatrième évangileChapitre 574 sur 857 · xiii, i · texte numérisé non relu

xiii, i

l'OiNCTION

rigueur, supposer que le Sauveur sera arrivé à Béthanie le vendredi ; mais c'est pousser un peu loin le souci d'accorder le quatrième Evangile avec les premiers, que de le faire venir de Jéricho, avec la caravane des pèlerins galiléens K Le sixième jour avant la Pâque est une date symbolique, et la coïncidence de cette date avec un sabbat doit l'être pareillement; rien n'invite à la préférer à celle des Synoptiques. Il n'est pas, d'ailleurs, autrement prouvé que Jean ait tenu à faire observer le sabbat par Jésus voyageant et par les hôtes qui le recevaient.

Ainsi donc, six jours avant la Pâque, le Christ était à Béthanie, où demeurait Lazare, que lui-même avait ressuscité On lui prépara un repas, que Marthe servit. Ce trait est conforme k ce que Luc raconte de la visite de Jésus chez les deux sœurs ^. Les Synoptiques désignent comme hôte Simon le Lépreux. Jean ne le nomme pas, Lazare ayant pris la place de ce personnage. On aurait tort de croire que sa présence est supposée par l'auteur ^, et surtout de penser que Marthe pourrait être sa femme ou sa fille ^. Si l'on évite de dire qui a fait les frais du repas, c'est pour ne pas contredire ouvertement les Synoptiques ; mais il est évident que Lazare et ses sœurs sont chez eux, qu'ils sont les maîtres, non les hôtes ou les enfants de la maison. On désigne Lazare comme un des convives, mais c'est que la présidence du repas appartient à Jésus, non à Simon le Lépreux, et que la présence à table du mort ressuscité mérite une mention particulière.

Marie est là aussi; elle prend une livre de pur nard, et, en hommage d'adoration et d'amour, elle le répand sur les pieds du Sauveur, qu'elle essuie avec ses cheveux. Dans le récit parallèle de Marc et de Matthieu ^, la femme anonyme, que notre auteur iden-

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