‹ Le quatrième évangileChapitre 576 sur 857 · Maug, XIV, 3 ; Mattii. xxvi · texte numérisé non relu

Maug, XIV, 3 ; Mattii. xxvi

tifie à Marie, sœur de Marthe, mais non à Marie de Magdala, répand le parfum sur la tête de Jésus et se garde bien de l'essuyer. La pécheresse de Luc arrose de ses larmes les pieds du Sauveur, les essuie avec ses cheveux, puis les oint de parfum Jean combine ces données, sans grand souci de la vraisemblance : il emprunte le nard à Marc, l'onction des pieds à Luc, et de même Fessuiement des pieds avec les cheveux de la femme; mais ce dernier détail correspondait dans Luc aux larmes versées, tandis que maintenant Marie ne fait qu'imprégner ses cheveux du parfum qu'elle reprend aux pieds de Jésus. Il est assez puéril de supposer que Marie essuie le parfum pour ne pas salir le tapis 2; et si l'on conçoit que la pécheresse de Luc ait eu les cheveux dénoués, la même liberté s'explique moins bien de la part de Marie dans le cas présent. Si ces anomalies ont été voulues et ne procèdent pas d'une simple inadvertance, on doit croire que l'action est symbolique et destinée à montrer comment Marie, l'Eglise de la gentilité, a recueilli aux pieds de Jésus ^ le parfum de l'Evangile qui se répand dans tout l'univers ^. Cette hypothèse est d'autant plus probable que la réflexion : » Et toute la maison fut remplie de l'odeur du parfum », remplace la parole de Jésus, dans Marc et Matthieu : « Partout où cet Evangile sera prêché, on dira en souvenir d'elle ce qu'elle a fait ^. » Ce n'est pas pour rien que la bonne odeur se répand devant Lazare, figure de l'humanité rachetée. 11 suffit d'entrer dans le symbolisme du récit pour n'y plus trouver de difficultés.

Nonobstant les différences de date et de circonstances ^, il s'agit du repas et de l'onction que Marc et Matthieu placent deux jours avant l'arrestation du Sauveur ^. On pourrait presque se demander

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