Marc, xiv, 9; Matth. xxvi
6. Ss. lit, au V. 3 : « Alors Marie prit un vase d'albâtre contenant une livre de pur nard, très précieux, et le répandit sur la tête de Jésus pendant qu'il était à table, et elle oignit ses pieds et les essuya avec ses cheveux. » Combinaison de Marc, xiv, 13, avec le texte johannique.
7. Les Pères et les anciens commentateurs sont très divisés sur le nombre des onctions et sur celui des femmes. VoirMALooNAT, 1, 520-524. Maldonat n'admet qu'une seule femme : pécheresse de Luc, identique à Marie sœur de Marthe et à Marie de Magdala. C'était presque, de son temps, une question d'ortho-
l'onction
s'il ne ramène pas aussi au même endroit la scène de la pécheresse dans Luc ; mais il a pu utiliser ce récit sans s'inquiéter autrement du rapport de cette onction avec celle dont parlent les deux autres Synoptiques ^ Quant à la date de l'onction dans la maison de Béthanie, il n'est pas nécessaire ni même prudent d'abandonner Marc et Matthieu pour Jean, puisque la divergence s'explique du côté de celui-ci par une raison symbolique. Jean a anticipé la décision du sanhédrin '^ ; il anticipe maintenant le repas de l'onction, et il va faire pressentir la trahison de Judas, que Marc et Matthieu rapportent après l'histoire de Fonction ; l'enchaînement des données synoptiques est conservé, mais ces données elles-mêmes sont transposées et transformées pour s'adapter au symbolisme du quatrième Évangile ; ni les transpositions ni les transformations ne sont à recueillir comme indications historiques.
Dans Marc et dans Matthieu, ce sont tous les disciples qui murmurent contre la perte du parfum. Jean ne fait intervenir que Judas, afin de le signaler comme traître, et de décrire, par la même occasion, son caractèrs moral. Ce n'est pas le seul endroit où l'auteui du quatrième Evangile individualise des traits que les Synoptiques ont présentés comme collectifs. Dans le cas présent, il se trouve charger Judas en particulier, pour décharger les autres disciples. Il ne dit pas que ceux-ci n'ont pas murmuré ; mais il insinue bien moins encore qu'ils Faient fait, et il met en avant Judas seul, qui parle pour lui-même et non pour tous les autres. « Pourquoi ce parfum n'a-t-il pas été vendu trois cents deniers, qu'on aurait donnés aux pauvres? » Judas donne le prix juste du parfum, inférieur à l'estimation de Marc ^. Il ne se souciait aucunement des pauvres, mais il était chargé de la bourse commune et, voleur,
doxie. Il admet deux onctions, celle de la pécheresse et l'onction finale, que Marc et Matthieu n'auraient pas rapportée à sa place chronologique. Knabenbauer est du même avis que Maldonat, si ce n'est qu'il n'identifie pas Marie pécheresse et sœur de Marthe avec Marie de Magdala. Schanz distingue avec raison trois femmes, la pécheresse de Luc, Marie sœur de Marthe, et Marie de Magdala; avec les précédents, il admet deux onctions.
1. Il en est de même pour Luc à l'égard du récit de l'onction dans Marc et Matthieu.