‹ Le quatrième évangileChapitre 581 sur 857 · HOLTZMANN · texte numérisé non relu

HOLTZMANN

4. ScHANz, 432. Rnabenbauer, 378 : « Nam rames ex palmis decerpere propter procerilatem palmarum est laboris. »

l'ExNTRÉE a JÉKUSALExM et le TR1031PHE A VENIR

du chemin, et il n'est pas question de palmiers. Les palmes du quatrième Evangile doivent être apparentées de très près à celles que portent les élus dans l'Apocalypse ^ On portait des palmes en sig-ne de joie à l'entrée solennelle des princes dans la capitale. C'est au Christ-roi que cet hommage est rendu, et l'évangéliste aura soin de le faire dire par le peuple. Il veut à la fois montrer l'accomplissement des prophéties messianiques et figurer le triomphe éternel du Sauveur dans la vraie Jérusalem, l'Eglise de la terre et celle du ciel. Le Christ passe de Béthanie, la maison de douleur, à Jérusalem, la demeure de gloire.

Tout le peuple pousse l'acclamation messianique : « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, et le roi d'Israël! » La formule est empruntée aux Synoptiques ~ mais modifiée, afin de signifier plus clairement la royauté de Jésus, cette royauté qui accomplit les prophéties. Pour la même raison, le titre de « roi des Juifs » reviendra souvent dans le récit de la passion. Cependant Jean n'oublie pas que la royauté du Christ a un caractère particulier, qu'elle n'est pas de ce monde, et Fânon des Synoptiques arrive tout à propos pour signifier cette vérité. Dans les Synoptiques, Jésus envoie chercher l'âne; Jean le lui fait rencontrer, par un hasard providentiel beaucoup mieux marqué, qui accomplit la prophétie de Zacharie. L'auteur emploie un terme un peu vague, pour ne pas contredire ses devanciers, mais il n'en néglige pas moins avec intention la circonstance de l'âne cherché, pour mettre en relief celle de l'âne trouvé. Il abrège la citation de Zacharie et la transforme de façon à faire mieux ressortir la différence qui existe entre le Christ et les rois de ce monde peut-être aussi pour éviter l'équivoque résultant de la mention de l'ânesse et de l'ânon, et corriger la méprise où cette équivoque a induit le rédacteur du premier Evangile Ce faisant, il a extrait de cette histoire l'enseignement qu'il voulait, et, selon son habitude, il ne dit pas comment elle finit. Il s'abstient même de dire que Jésus soit entré à Jérusalem : on doit le conclure de la scène suivante et de rintention manifestée au début de celle-ci.

Page 1